Cinema
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Dans les lumières du Crazy Horse par Frederick Wiseman

26 septembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le célèbre documentariste Fréderick Wiseman continue, depuis les années soixante, à dresser sa galerie de portrait des grandes institutions. Après être entré en 1995, dans les coulisses du de La Comédie-Française ou l’amour joué, puis dans celles du Ballet de l’Opéra de Paris, en 2009 et, il continue sa plongée dans le monde du spectacle parisien en mettant en lumière les froufrous des danseuses du Crazy Horse, l’occasion d’un long reportage sur les plus belles filles du monde.
Nous sommes en 2009. Strass, glamour et paillettes, le film démarre sur les chapeaux de roues en affichant les lettres argentées de la toute nouvelle revue joliment nommée Désirs, les numéros s’enchainent, chic et sexy, la signature Crazy. Très vite le film ralentit volontairement et l’on entre réellement dans les rouages d’une lourde machine. Le chorégraphe Philippe Découfle se confronte à des allers retours incessant entre le conseil d’administration et l’équipe artistique. Les réunions sont longues, nombreuses, éreintantes, on verra la corsetière Fifi Chanil craquer avec élégance face au énième changement de dernière minutes fort incompatible avec la minutie qu’exige la couture de ces costumes aussi léger qu’exigeant, car « on ne déconne pas avec une fille nue ! »
Crazy Horse est un objet cinématographique, naviguant entre un documentaire est une œuvre plastique. On pourrait le qualifier de documentaire cinématographique. Les images sont belles, jamais graveleuses, « les filles » comme il est coutume de les nommer sont sculptées par la lumière qui les rend identiques, tels des objets interchangeables à l’infini, le but est d’ailleurs avoué.
Ici, la fiction est absente, la vie prend le dessus et impose son rythme, nécessairement long. L’intérêt majeur est donc de filmer une fiction, celle du spectacle dans sa réalité. La création, les répétitions, les décisions de changer moins de numéros pour gagner en précision, gérer les compromis. Puis vient le temps magique du numéro que l’on croit parfait, que Decouflé voit nul. Wiseman ne fait parler les danseuses qu’à de rares instants, dans un moment de dialogue avec leur chorégraphe où quand elles commentent avec un humour acide un reportage type vidéo gag ayant pour cible les pires gaffes dans le ballet classique.
Dans l’interview qu’il donne à Pierre Legendre pour le pressbook, le cinéaste avoue  » c’est le film le plus abstrait que j’ai fait « .
La force de Crazy Horse réside dans une lassitude captive qui est celle du spectateur qui vient au Crazy. Une certaine tristesse vient aussi face à ces filles seules, face aussi au recrutement de ces belles bête où les mensurations comptent plus que le talent.
Crazy Horse n’apporte pas de grandes révélations, il nous permet d’entrer dans les coulisses d’un spectacle, c’est sans aucun doute dans les moments où la lumière est blanche, les filles en leggings où en train de chanter faux sur les paroles de Philippe Katerine qu’elles deviennent immensément sexy et désirables. L’audace de Crazy Horse est bien de projeter ces corps si désirés sans la lumière vêtement qui les protège habituellement. Crazy Horse cultive le mythe de ces intouchables qui font fantasmer les hommes, les femmes, qu’ils où elles soient hétéros ou gay…En résumé… un film comme un objet de Désirs !

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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