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Critique : 7 psychopathes, l’équipe de Bons baisers de Bruges dans un régal de comédie, noire et mélancolique

Critique : 7 psychopathes, l’équipe de Bons baisers de Bruges dans un régal de comédie, noire et mélancolique

02 février 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Ces sept psychopathes n’égalent pas le souvenir ému de Bons Baisers de Bruges. Mais Martin Mc Donagh et Colin Farrell réussissent une nouvelle fois un polar fantasque, original, réservant des scènes plus mélancoliques et sachant donner du sens à une troupe de bras cassés portée par un casting fantastique. Un régal.

Synopsis officiel: Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

Martin Mc Donagh est fait connaitre avec un premier film d’une étonnante maitrise. Devenu rapidement culte et pas loin du chef d’œuvre. Bruges annonçait un cinéma qui sous ses airs de Tarantino, cachait une réelle personnalité. Entre la comédie de gangsters pathétiques, l’onirisme d’un décor transcendé (la ville de Bruges) et d’une musique souvent mélancolique, In Bruges trouvait sa tonalité propre, à la frontière de la parodie et de l’émotion premier degré.

7 psychopathes était donc très attendu. Ce nouveau film, moins original que le précédent, ne provoquera pas la même vague de sympathie. Car l’improbable Bruges est remplacée par le traditionnel décor du désert californien. Que les standards américains occultent la musique de Carter Burwel. Que l’effet de surprise est passé. Mais le nouveau film de Martin Mc Donagh ne manque pas de charme, malgré le trop plein de références et une mise en abyme casse gueule du métier de scénariste. Les bonnes idées fourmillent dans ce film souvent drôle. Qui est porté par la qualité de ses dialogues et le soin apporté aux  détails absurdes. Des scènes à la limite du surréalisme, notamment lors des incroyables flash backs sur l’épopée de certains psychopathes (le quaker, le Dexter local) et la mise en image des idées farfelues du personnage de Billy.

Colin Farrell se tire parfaitement d’un rôle pourtant ingrat. Christopher Walken met toute son âme dans un personnage difficile qu’il rend crédible et attachant. Un Quaker tueur converti au stoïcisme. Accompagné par sa femme dans une quête improbable. Et puis l’incroyable Sam Rockwell qui n’a pas son pareil pour incarner la bizarrerie et la folie douce, tout en restant touchant. 7 psychopathes est une vraie comédie qui s’éloigne cependant régulièrement de Tarantino pour retrouver la mélancolie et l’atmosphère onirique du cinéma de Martin Mc Donagh. Ce réalisateur nous montre que son premier coup d’essai n’était pas un malentendu. Et nous promet on l’espère une longue carrière qui ne fait que commencer. On aime.

7 psychopathes, une comédie dramatique mafieuse de Martin Mc Donagh avec Colin Farrell, Woody Harellson, Christopher Walken et Sam Rockwell, durée 1h57, sortie le

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