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Colorful (au cinéma le 16 Novembre)

Colorful (au cinéma le 16 Novembre)

07 novembre 2011 | PAR Camille Lafrance

L’âme d’un être humain qui a commis une faute grave est réintroduite sur terre afin de s’amender, dans le corps d’un collégien, Makoto Kobayashi qui vient de mettre fin à ses jours. L’esprit fait face à une tâche complexe : reprendre le cours de la vie de ce jeune garçon déprimé et solitaire. Progressant lentement et avec difficulté, il doit éviter de tomber dans les pièges tracés par son prédécesseur. C’est pourtant bien en acceptant les échecs passés qu’il prendra conscience de sa vraie personnalité.

Le titre de ce film signifie, comme le dit le héros, les différentes couleurs, les divers aspects que peut regorger une personnalité. Il s’agit d’un film sur une seconde chance, optimiste et plein d’espoir.

Une famille composée d’une mère angoissée, d’un père trop gentil et d’un frère agressif car trop protecteur ; un collège dans lequel il rencontre une jeune fille envahissante, l’amour de sa vie qui se révèle décevante et un guide spirituel donneur de leçons, tels sont les principaux accompagnateurs du nouveau Makoto. Tous les lieux sont des espaces que le héros doit réapprendre à apprivoiser.

Loin de se contenter de raconter une belle histoire pour les enfants, l’adaptation cinématographique du roman à succès Colorful de Eto Mori qui a reçu en 1999 le Prix de la meilleure oeuvre pour enfants, par Keiichi Hara est une fable onirique sur l’accomplissement de soi qui n’est possible qu’une fois que l’on a osé faire face à ses difficultés dans une société qui souffre d’un surplus de non-dits : l’adultère, le suicide, la prostitution des adolescents et les brimades subies parce qu’on est diffèrent.
Du point de vue technique, un sans faute : des décors au réalisme saisissant, un perpétuel jeu de lumières, des peintures qui transcendent la simple expression artistique pour se faire représentation d’un monde intérieur bien plus riche. Ce chef d’oeuvre du film d’animation a été récompensé par deux prix au dernier Festival d’Annecy : le prix du public et la mention spéciale du jury 2011.

Des graphismes très subtils, une musique tantôt douce tantôt énergique, des personnages dont le caractère se révèle au fur et à mesure que l’histoire progresse… Tout cela contribue à faire de ces êtres aux visages très expressifs et aux mimiques maladroites les héros d’une histoire belle, humaine et profonde. Cette histoire est vraiment faite pour émouvoir à tout âge, les jeunes comme les moins jeunes s’y reconnaîtront, que ce soit en revivant leur adolescence ou en se projetant dans un futur proche ou encore en faisant écho avec ce qu’ils vivent actuellement. L’on passe sans cesse du rire aux larmes et ce pour notre plus grand bonheur. Bravo !

Camille Lafrance

Colorful (au cinéma le 16 Novembre)
De Keiichi Hara
Film d’animation japonais
Durée : 126 minutes

« Au moins j’aurai laissé un beau cadavre » – le deuxième, splendide et dégueulasse, au Théâtre de Chaillot.
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Camille Lafrance

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