
Clôture sous les bravos pour le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient
Jusqu’à dimanche soir avait lieu, dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis, la neuvième édition du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient. Mais dimanche, c’est à l’Ecran de Saint-Denis, cinéma qu’on aime beaucoup pour son dynamisme, que se déroulait la dernière projection. Avec son ambiance chaleureuse, l’événement de clôture n’a pas dérogé à l’habitude. Avec en prime, un film inédit réalisé par Ali Mosaffa, l’interprète du Passé.
Cannes n’a pas encore débuté que tous les cinéphiles n’attendent qu’une chose : la cérémonie de clôture, pour voir les réalisateurs couronnés. Mais à l’Ecran de Saint-Denis, comment se passe une clôture ? De façon chaleureuse. Ainsi, dimanche soir, la fin du neuvième Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient a été annoncée par Kamal El Mahouti, président d’Indigènes Films, association qui a mis le festival en place. Et les remerciements ont plu vis-à-vis des équipes organisatrices. Ils étaient nombreux, mais comme le public l’était aussi, et que les personnes citées se trouvaient dans la salle… Même Sonia Pignot, adjointe au maire de Saint-Denis à la culture, honorait la manifestation de sa présence encore une fois, après être venue à de nombreuses projections. Satisfaction générale.
Kaouther Ben Hania, réalisatrice d’origine tunisienne, a eu de son côté du bonheur pour dix. Peau de colle, son court-métrage présenté dans la section du même nom cette année, a convaincu tout le monde. Le jury lycéen lui a décerné son prix, accompagné de l’expression, naturelle et rafraîchissante, de l’avis des membres. Le film a de surcroît remporté le prix Coup de cœur du public. Guère étonnant d’apprendre, dans la foulée, que Le Challat de Tunis, premier long-métrage de Kaouther Ben Hania, se trouve cette année à Cannes dans la programmation de l’Acid, et sortira bientôt en salles en France. Beau point d’orgue, en tout cas, pour une édition où les femmes devaient être à l’honneur.
Avant de terminer, un dernier film projeté. Et pas des moindres : La Dernière Marche, une œuvre inédite en France, certes, mais réalisée par l’interprète du Passé, l’acteur iranien Ali Mosaffa. Film dans lequel il est littéralement question d’un escalier mal construit, et d’architecture. Celle, particulière, d’une maison, et celles, intérieures, de Khosrow (A. Mosaffa lui-même) et de sa femme Leila (jouée par Leila Hatami, son épouse dans la vie comme à l’écran, membre cette année du jury de la compétition cannoise). Des structures pas très bien bâties, qui ont du mal à communiquer entre elles, entre la carrière d’actrice de l’une et la vie intérieure au point mort de l’autre, qui le conduit bientôt tout simplement au décès… Une œuvre un peu trop psychologique, qui finit par devenir étouffante. Mais également émaillée de quelques fulgurances comiques ou dramatiques, tels les coups que prend le personnage principal, qui atteignent parfois au burlesque.
D’autant plus qu’à vingt minutes de la fin, les problèmes liés au numérique s’invitent, et l’image reste bloquée. Et oui : magie de la salle de cinéma à l’ancienne, qui sait conserver son antique charme. Et ultime rebondissement du Panorama de cette année. Etant donné que Kamal El Mahouti et son équipe répètent qu’ils font tout « pour le public », pour qu’il se sente accueilli de façon chaleureuse, et que cette attention se sent, on vous donne rendez-vous en mai de l’année prochaine pour la dixième édition du festival. Dans les salles de Seine-Saint-Denis, et pas uniquement dans nos articles !
Visuel : affiche de Peau de colle
Visuel Une: affiche du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient 2014