Cinema

Cinéma : L’étrange cas de Benjamin Button, de David Fincher

03 février 2009 | PAR Yaël Hirsch

Le réalisateur de « Seven » et« Fight club » s’inspire d’une nouvelle de Francis-Scott Fitzgerald et reconstitue le couple Brad Pitt/Cate Blanchett (Babel de Alejandro González Iñárritu ) dans un beau film de sensibilité légèrement surannée. Sortie ce mercredi.

Dans la ville de la Nouvelle Orléans, où l’horloger construit la montre de la gare à l’envers pour que les morts à la guerre remontent le temps et reviennent voir leurs parents, Benjamin Button naît dans une famille aisée. Sa mère meurt en couches et son père prend peur en voyant la laideur du bébé. Il le pose sur les marches d’une vétuste maison de retraite où l’employée l’élève comme son fils. Il faut dire que Benjamin (Brad Pitt) est vraiment repoussant dans sa petite peau plissée de vieillard de 80 ans. Mais il s’entend assez bien avec les pensionnaires et plus il grandit et plus il récupère de la souplesse. La petite-fille d’une des retraitées, Daisy (Cate Blanchett) passe outre les apparences pour se lier d’amitié avec Benjamin. La rousse danseuse sera l’amour de la vie de Benjamin. Mais étant donné leurs cycles de vie opposés, l’un se dirigeant vers le berceau et l’autre vers la tombe, ils ne voleront que quelques années de vie commune, le temps d’avoir une fille.

Philosophique, magnifiquement filmé, porté par deux acteurs géniaux, et mis en scène dans un grand flash back qui actualise l’histoire Benjamin Button au temps de la menace de Katrina sur la Nouvelle-Orléans le dernier film de David Fincher est une réussite. L’émotion est solidement accrochée à l’effet des images et non à celui des mots, et la bonne vieille formule de l’amour impossible prend des résonances particulières dans le cadre d’un climat fantastique très XIX e siècle : l’inquiétante étrangeté d’un homme qui rajeunit. On ne voit pas les 2h35 du film passer. La nostalgie d’une Nouvelle Orléans engloutie apporte beaucoup au film qui semble détenir à la fois le secret d’un grand amour caché et celui de toute une page d’Histoire des Etats-Unis. A voir, de 7 à 77 ans, que vous vieillissiez ou perdiez vos rides.

« L’étrange cas de Benjamin Button », de David Fincher, avec Cate Blanchett, Brad Pitt, Julia Ormond, Tilda Swinton, 2008, USA, 2h35.

Yaël Hirsch

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Le court métrage s’installe à Clermont-Ferrand
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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