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Cannes, jour 10 : Cronenberg déçoit mais Pattinson met la Croisette en effervescence

Cannes, jour 10 : Cronenberg déçoit mais Pattinson met la Croisette en effervescence

26 mai 2012 | PAR Yaël Hirsch

Un autre gracieux rayon de soleil accueille les journalistes à la projection matinale du très attendu « Cosmopolis » de David Cronenberg.

Une dystopie bavarde et ennuyeuse que Robert Pattinson érotisé jusqu’au kitsch a bien du mal à sauver malgré tout son talent. En revanche, la présence du Bel-ami de Twilight à Cannes est un coup de tonnerre. Les files de photographes et de badauds n’en finissent pas, tant à la conférence de presse de l’équipe du film, qu’à la montée des marches en début de soirée, qu’aux barrières de la plage du Carlton qui abrite la soirée.

Alors que nous retenons déjà notre souffle en attendant le Palmarès de samedi soir, le film de clôture est déjà accessible à la presse. Il s’agit de l’adaptation de Thérèse Desqueyroux de François Mauriac par Claude Miller. Et c’est le dernier film du regretté réalisateur, disparu il y a quelques semaines. Porté par le couple Audrey Tautou / Gilles Lelouche, le film est simplement bouleversant. Claude Miller sait faire sentir toutes les nuances du roman, avec grâce et simplicité, et articule son film autour de la problématique d’une femme indépendante qui cherche une voie individuelle d’existence. Un très précieux bijou.

Devos et Moretti

C’est une tradition un peu cachée à Cannes, les membres du jury de la compétition officielle convient généralement la presse à un joyeux déjeuner. Ce 25 mai, il a eu lieu tout en haut du quartier traditionnel du Suquet où un buffet surplombant toute la ville était dressé, arrosé de rosé et d’aïoli, et à deux pas des grandes femmes et des grands hommes de ce jury 2012.

A table : les journalistes, mais également les élus cannois, ouverts, heureux et passionnants dans cette atmosphère détendue et anti-festival de Cannes, où l’on a par exemple pu apprendre – à mille lieues des paillettes- l’importance de la politique sociale de la ville, où il y a par exemple 17 % de logements sociaux ce qui est la plus importante concentration dans une ville de la région PACA.

Karl Lagasse à CannesLe temps de re-dévaller les rues escarpées du Suquet et le temps s’était remis à la grosse pluie. Direction la plage Cinéma Club du Carlton. L’artiste Karl Lagasse dont nous vous avons déjà un peu parlé (ici) et que nous avons rencontré la veille sur la Croisette nous a dit y avoir installé une de ses sculptures. En effet, même de l’extérieur, on ne voit qu’elle La sculpture building imaginée par Karl pour ce lieu ultra sélect brasse 250 photos représentatives du glamour du Festival est agencées les unes sur les autres en colonne comme pour former un haut totem de 69×280 cm. L’œuvre devrait être vendue aux enchères au profit d’une association caritative.

Petite pause à l’hôtel Martinez (qui contient notamment un nail-bar improvisé et très couru). De la terrasse, l’on entend la musique jouée sur le plateau du Grand Journal de Canal + à Cannes. C’est l’heure du rosé.

Puis session presse pour le film de Im Sangsoo en compétition, « L’ivresse de l’argent ». le réalisateur Sud-coréen nous place dans les coulisses des présidentielles de son pays, où le président a un rapport au pouvoir assez proche de celui d’un Silvio Berlusconi….

Après cette longue journée, nous avons, à regret, laissé de côté Nicole Kidman et Clive Owen en Martha Gellhorn et en Enresnt Hemingway. Le téléfilm littéraire de l’immense Philippe Kaufmann nous aurait bien attiré, mais une dernière longue nuit de fête nous attendait… Et nous sommes bien « Toute la Culture », pas seulement « Tout le Cinéma »…

La célébration cannoise a donc commencé par un passage à une soirée à l’hôtel Carlton fêtant la sortie d’un remake d’une scène culte des « Tontons flingueurs » : les Tontons flingués. Morceau de bravoure, avec entre autres  Anne Richard et Michel Da Rosa à consulter ici. Une reprise qui a le blanc -seing de Monsieur Georges Lautner lui-même et que nous vous laissons libres de juger. A cette projection, nous avons préféré laisser de côté des cocktails au martini italien pour ne pas vraiment mélanger tous les alcools.

20h15 : nous ratons à la Quinzaine les résultats des films primés (annonce, ici) et la projection du film lauréat de Noémie Lvovsky que nous verrons donc à Paris.

Vers 22h, direction du toit de l’Hôtel Five pour un diner de fingerfood et de grand bordeaux au superbe silencio cannois, qui garde son image de marque de lieu de très grands alcool et de über-snacks raffinés. Sous une chaufferette, avec vue à la fois sur la piscine et la mer, et un petit « je suis snob » de Boris Vian, nous nous serions crûs au paradis…

Paradis dont il a violemment fallu s’arracher pour rejoindre LA soirée du film Cosmopolis sur la plage du Carlton. A l’intérieur, à 1h, les acteurs du film étaient déjà quasiment tous partis. L’on trouvait donc quelques stars françaises (Patrick Bruel), quelques personnalités du cinéma ( par exemple le président du CNC, Eric Garandeau), beaucoup de cannois sur leur 31, et surtout un délicieux ponton ouvert sur la mer où les festivaliers assez ivres pouvaient allez respirer.

De retour sur la Croisette après cette parenthèse enchantée, nous nous sommes lancés à l’assaut du saint des saints de la nuit cannoise : le club « chez Albane », où les people se pressent, sur le toit du Marriott. Coup de tampon en encre sympathique sur le poignet, triple exhibition de cette patte plus tout à fait blanche, nous avons passé un spacieux couloir interne de fête pour rejoindre un superbe toit aux tons rouges, avec espace hyper-VIP surveillé et séparé par un cordon au fond, mais malgré tout open bar de cocktails pour tous. Bonne ambiance et détente sont au rendez-vous, classe et distinction aussi. L’on croit reconnaître quelques stars, mais on ne les fixe pas trop, elles sont ici chez elles et pas là pour sourire aux fans ou aux journalistes comme sur le tapis rouge. Chez Albane, la classe et l’ivresse ne se montrent pas, elles se suggèrent. Sauf passé trois heures et dans l’ascenseur où l’on tient encore fermement son verre, ou dans le hall de l’hôtel où la belle Léa Seydoux laisse éclater sa joie et son envie de fête. C’est le dernier soir avant les résultats à Cannes. Les célébrités qui sont venues pour le business et n’attendent pas de prix peuvent se relâcher et les autres faire la fête en croisant les doigts.

Dernière projection ce samedi du Jeff Nichols, et révélation du Palmarès d’un certain regard. Quant à la compétition, vous pouvez lire nos pronostics et attendre dimanche 19h pour commencer à en savoir plus.

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Un certain regard, le Palmarès
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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