Cinema
[Cannes] « Clash » : l’Egypte, le bruit et la fureur pour ouvrir le Certain regard

[Cannes] « Clash » : l’Egypte, le bruit et la fureur pour ouvrir le Certain regard

13 mai 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

A Cannes, ce film de Mohamed Diab, a imprimé une couleur très forte à la section Un certain regard : un bruit terrible, porté par une énergie très juste, pour illustrer la fureur d’un peuple.

[rating=4]

Clash CannesAvouons-le d’emblée : Clash, du réalisateur égyptien Mohamed Diab, se passe dans un fourgon militaire. Un véhicule dans lequel sont entassés, progressivement, plusieurs personnes prises dans les événements de 2013, qui virent l’Égypte se déchirer entre soutien aux Frères Musulmans et préférence envers l’armée. Mais ce cadre, d’ailleurs pas totalement fermé, fait surtout ressortir la rue, ainsi que la folie et la violence qui la tiennent. Clash n’est pas tout à fait un huis-clos : il s’agit davantage d’un film de violence urbaine, donnant à voir une vision d’une réalité hallucinante.

Ce sont d’abord deux journalistes qui sont embarqués par un officier mécontent. Puis des manifestants opposés aux Frères Musulmans. Puis des Frères eux-mêmes. Tout du long, le film, doté d’un scénario prenant, va donc être traversé de scènes où l’agitation va se déchaîner, et le bruit régner, pour notre bonheur. Une amplification permise par la réalisation de Mohamed Diab, d’une fluidité extrême.

Ces qualités techniques, ainsi que le scénario et l’interprétation – tous les acteurs sont excellents – permettent à l’oeuvre d’offrir une réalité à regarderClash apparaît comme un film de mise en scène. Mais pas de celles qui marchent à l’épate : tout est fait pour que nous puissions ressentir ces événements, d’une façon immersive; On goûte ce voyage, pas de tout repos.

Visuel : © Pyramide Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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