Cinema

Cannes 2019, Un certain regard : « The climb », comédie avec de la personnalité

Cannes 2019, Un certain regard : « The climb », comédie avec de la personnalité

27 mai 2019 | PAR Geoffrey Nabavian

Malgré des références évidentes, cette comédie américaine façon « indé-intello » se révèle solide, et révèle des talents forts en gueule.

Mike et Kyle, ou un duo d’amis pas stable pour deux sous. Le second essaye de se confectionner une vie un peu calme, tandis que son éternel compère sabote (malgré lui ?) les relations amoureuses de son ami. Kyle est sur le point de se marier : sa fiancée convole en fait finalement avec Mike. Quelques années plus tard, elle est morte, et Mike pleure. Inconsolable, il revient régulièrement perturber la vie et les amours de Kyle : à Noël dans la maison de famille de son ami, lors d’un séjour à la neige auquel il participe pour oublier sa solitude…

Mike et Kyle, ce sont Michael Angelo Covino et Kyle Marvin, ici acteurs et scénaristes, ainsi que réalisateur du film, pour le premier. Deux interprètes avec de la personnalité, à la fois burlesques et brillants, humains et plus exagérés que nature. Si le film dans lequel ils évoluent paraît influencé, lors de certaines de ses séquences, par des oeuvres pré-existantes (les comédies aux dialogues très écrits de Woody Allen, notamment), il n’en reste pas moins qu’il brode des scènes prenantes, où les effets de style sont mis au service des idées sous-jacentes, et apparaissent plus potaches et rigolards que prétentieux.

Plans-séquences et panoramiques entraînent les protagonistes vers des instants de confrontation bien pensés et bien interprétés, tandis que de temps à autres, scènes musicales ou instants de pétage de plomb amènent leur grain de sel. Et tous les interprètes du film demeurent excellents : à ce titre, la charismatique Gayle Rankin compose une figure très marquante. Et il n’y a pas jusqu’à Judith Godrèche, présente au début le temps d’une scène, qui ne se montre très convaincante.

Comédie aux personnages pas toujours joviaux qui porte sur les rapports humains, les doutes causés par le monde autour et par soi, et les vides existentiels, cette production apparaît dotée d’une ampleur qui ne vient pas étouffer son caractère humain. On aime qu’elle pousse à bout ses idées, et que ces dernières témoignent d’un niveau d’extravagance raisonnable. Du même coup, ce film au ton de comédie américaine indépendante parvient à ne pas verser dans la caricature, ni au niveau de ses personnages et de son cadre, ni en ce qui concerne sa réalisation. Son humanité prédomine, et le rend juste.

Geoffrey Nabavian

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2019

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Visuel : © Topic Studios

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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