Théâtre
« Juliette et les années 70 », une joyeuse plongée dans le passé à voir au Théâtre du Rond-Point !

« Juliette et les années 70 », une joyeuse plongée dans le passé à voir au Théâtre du Rond-Point !

27 mai 2019 | PAR melanietlmt

Une plongée dans les souvenirs de jeunesse d’une adolescente de la fin du siècle dernier, qui demeure rafraîchissante et captivante -et ce, malgré quelques longueurs.

Flore Lefebvre des Noëttes a traversé les 60’s, les 70’s, les 80’s, les 90’s… et les années 2000, jusqu’à arriver à nous, sur la scène de la salle Roland Topor du Théâtre du Rond-Point. En résulte un spectacle imprégné de l’ambiance de la décennie qui l’a le plus marquée, celle des hippies et des vacances à Saint-Michel-Chef-Chef. L’auteure de la pièce et interprète de Juliette raconte son enfance entre la province et la capitale, entre son attrait pour la nature et celui pour les arts, et en particulier celui qui s’exerce sur les planches. Au coeur de son monologue, on retrouve ses relations complices avec ses nombreuses soeurs et ses rapports conflictuels avec son père et sa mère. Il faut dire que le Pater est à moitié fou -ce qui ne l’empêche pas de faire forte impression sur ses enfants avec son éducation bourgeoise- tandis que la Mater, esprit bohème, les pousse à embrasser une vie de liberté. Souvent surnommée la Mate, celle-ci tente de maintenir le navire familial à flots en multipliant l’ouverture de petites boutiques pour touristes, ce qui occasionne des situations cocasses -tel un comptoir oriental où tout le monde met la main à la pâte.

Le récit joyeux et énergique de Juliette se double d’une mélancolie latente. Car si les étés au bord de l’océan sont d’extraordinaires souvenirs, il n’en demeure pas moins qu’ils sont condamnés à s’effacer de la mémoire de la personne qui les porte -et de toute la génération à laquelle elle appartient. C’est d’ailleurs cette volonté, qui est d’écrire le passé pour le rendre éternel, que l’on devine à travers les mots et les gestes enfiévrés de la comédienne. Entre deux imitations, l’une d’un de ses professeurs au collège et l’autre de sa mère, la voilà qui retire ses vêtements dans un striptease aussi naturel qu’audacieux, où sa gestuelle est un héritage de la libération des corps. À terre, le pardessus et la sage robe noirs ! Mimant un soleil brûlant et l’insolence de la jeunesse, Flore Lefebvre des Noëttes se trémousse en maillot de bain sur la scène du théâtre. Le temps des premiers amours et de la découverte du plaisir charnel est là, et elle compte bien en profiter !

Si l’assurance de la comédienne est rafraîchissante, ses mimiques appuyées semblent parfois forcées, et quelques longueurs dans la chronologie de la vie de Juliette peuvent mener le spectateur à décrocher de l’histoire qui lui est racontée. Les accessoires, comme le tourne-disques et ses vinyles de pop et de rock, les lunettes rondes et les foulards à motifs psychédéliques, aident le public à embarquer dans le voyage temporel de Juliette. Mais à la moindre baisse de rythme, le charme se brise et vous voilà de nouveau en 2019…

Juliette et les années 70, jusqu’au 8 juin au Théâtre du Rond-Point

Visue: Théâtre du Rond Point

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