Cinema

Bertrand Tavernier

27 avril 2010 | PAR Coline Crance

Critique passionné, cinéphile averti, programmateur de ciné-club , réalisateur de talent, Bertrand Tavernier est un monument du cinéma français. Son dernier film La comtesse de Montpensier est sélectionné au festival de Cannes 2010  dans la compétition officielle.

Bertrand Tavernier fait ses débuts dans le monde du cinéma comme critique. Il collabore dans les années 60 à plusieurs révues telles que les Cahiers du Cinéma, Positif, Cinéma …. Boulimique de cinéma , il fonde un ciné-club le Nickel Odéon ce qui lui permet ainsi qu’à toute la jeune critique de l’époque de pouvoir voir des films rarement programmés et remettre au goût du jour certains réalisateurs délaissés , tel que Michael Powell , qu’il rencontrera par la suite.  Ses débuts réels dans le cinéma s’effectuent sous la houlette de Jean Pierre Melville qui l’engage comme assistant réalisateur sur le tournage de son film « Léon Morin prêtre. » Cette amitié lui vaudra quelques petites anicroches. Encore jeune homme et critique passionné , il engage Melville à aller voir « les contrebandiers du Moonfleet ». Ce dernier déteste le film et interdit à toute l’équipe du tournage de parler à Bertrand Tavernier pendant trois jours … Pourtant l’amitié subsiste entre les deux hommes. Ils seront amenés à retravailler ensemble par la suite . Tavernier réalise son premier film en 1974 « L’horloge de Saint Paul » , adaptation d’un roman de Georges Simenon. le film est salué par la critique et obtient le prix Louis Delluc et l’ours d’Argent à la Berlinale. En 1979 , il reçoit le césar du meilleur réalisateur pour « Que la fête commence ! » puis le prix du scénario l’année suivante pour  » Le juge et l’assassin ».

Son oeuvre est marquée par une volonté de se démarquer de ses camarades de la « Nouvelle Vague ». Il ne veut appartenir à aucune mouvance, et se place même à certains moments à contre-courant de son époque et de la « Nouvelle Vague. » Contrairement à François Truffaut , il souhaite remettre au goût du jour la narration et redonner une place de choix aux scénaristes et aux dialoguistes passés à la trappe avec la « Nouvelle Vague ». Tavernier réalise alors de nombreux  » films à costumes » , plusieurs adaptions cinématographiques d’oeuvres littéraires, redonnant une part importante aux dialogues et à la musique. La musique dans les films de Tavernir est souvent une force motrice  qui par sa répétition, rythme et ponctue les différentes forces de frappes , d’actions de ses films. Toutefois le cinéaste n’oublie pas de s’interroger sur la société actuelle et ses films sont souvent marqués par un fort engagement politique et social . L’un de ses derniers films « Holy Lola » s’interroge sur l’adoption. Ce cinéaste – écrivain s’est donc fait une place à part dans le paysage cinématographique français et international. A la fois ardent défenseur d’un cinéma français indépendant, de son particularisme, il oscille néanmoins avec son admiration sans borne pour les « amis américains » . Il rédige une bible au titre éponyme, résultat de cinquante ans de recherches sur le cinéma américain,  qui fait de lui outre un grand réalisateur, une mémoire vivante  du cinéma mondial.

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Coline Crance

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