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BERLINALE : « Undine » : D’eaux douces et profondes

BERLINALE : « Undine » : D’eaux douces et profondes

26 février 2020 | PAR Samuel Petit

Le réalisateur allemand Christian Petzold est avec son nouveau film « Undine », pour la cinquième fois présent, en compétition officielle de la Berlinale. On se souvient évidemment du succès mérité de son formidable « Barbara » avec Nina Hoss dans le rôle titre. Plus récemment, avec son film « Transit », Petzold réunissait avec fougue deux jeunes figures adulées du cinéma allemand, l’actrice Paula Beer et Franz Rogowski. C’est ce même duo qui est reconduit aujourd’hui dans sa charmante réinterprétation du mythe germanique (ou alsacien, selon les sources) d’Ondine, la plus célèbre des naïades, ces nymphes douces et mystérieuses comme les eaux qu’elles peuplent.

Le film s’ouvre sur Undine (Paula Beer) attablée à la terrasse d’un charmant café berlinois avec son petit ami Johannes (Jacob Matschenz). Celui-ci cherche à rompre avec elle. Alors qu’elle est dans l’obligation de s’absenter quelques dizaines de minutes pour une visite auprès de visiteurs du musée où elle travaille, situé sur le trottoir d’en face, elle lui prie de l’attendre pour finir cette discussion et sauver leur relation. Quand elle revient, il est parti. C’est alors que le jeune Christoph (Franz Rogowski) rentre en jeu. Ce jeune plongeur industriel l’a suivi jusque dans le café pour la féliciter et certainement tenter de la séduire. Un drôle d’incident dans le café va précipiter la chance du garçon auprès de Undine qui, dans son désespoir, prend la perche qui lui est tendue. L’heure et demie qui suit narre leur histoire d’amour forte en rebondissements et en émotions.

Du film, se dégage de toutes parts une très grande délicatesse, et cela même quand ce qui est raconté ou montré est chargé d’une certaine violence. Petzold file avec élégance la métaphore aquatique avec Berlin et son histoire géologique de marécage qu’il a fallu assécher pour y vivre comme lieu central de l’intrigue, les séances de plongées de Christoph dans des sites industriels enfouis, la scène de la piscine de Johannes… C’est avec beaucoup de maîtrise et de douceur que le film à l’esthétique et au ton réalistes prend, sans que cela ne choque pour autant, un tour quelque peu surnaturel. On en sort avec l’enchantement d’avoir assisté à un conte très contemporain et pourtant tout à fait intemporel.

 

Visuel : © Christian Schulz/Schramm Film

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Samuel Petit

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