Cinema

Belle épine, Léa Seydoux dans un beau premier film

15 novembre 2010 | PAR Olivia Leboyer

Le premier film de la jeune Rebecca Zlotowski (30 ans) dégage une force et une pudeur très singulières. Noir et lumineux, Belle épine montre le désarroi d’une jeune fille juste après la mort de sa mère. Sur les écrans depuis le 10 novembre.

Prudence (Léa Seydoux), 16 ans, vit dans un appartement vide, déserté. Sa mère vient à peine de mourir, et personne ne semble réellement s’inquiéter pour la jeune fille. Son père est au Canada, sa grande sœur vit sa vie. Du coup, elle sort, sèche le lycée pour traîner dans les bars et s’approcher un peu d’un milieu qui la fascine : le monde des motards. Renfermée, dure, Prudence fonce vers des expériences fortes pour éviter de sentir la douleur. Cette épine durement fichée dans son cœur, en s’étourdissant, peut-être qu’elle ne la sentira plus ? (le même sujet que Les Petits Mouchoirs, finalement, en beaucoup beaucoup plus réussi !)
Léa Seydoux est parfaite de puissance et de douceur, de présence-absence, dans un de ses plus beaux rôles. Rebecca Zlotowski suit les errances nocturnes de la jeune fille, sans aucun voyeurisme. La mélancolie est palpable, dans ces fuites vers la vitesse, le danger et le sexe. Les plus belles scènes, néanmoins, sont celles en famille. A table, chez ses cousins, les Cohen, Prudence ne fait pas complètement partie du cercle. Elle les regarde, elle les écoute se disputer à propos du Talmud, d’un œil un peu étranger. Une famille, c’est ce qu’elle vient de perdre, alors elle préfère ne pas trop aller chez eux. Les dialogues entre Prudence et sa sœur, toutes deux infiniment malheureuses et incapables de se soutenir, sont particulièrement justes et émouvants.
On pense à J.D. Salinger pour cette évocation du deuil et de la famille pleine de douceur et d’aspérités. La fin est superbe.

Belle épine, de Rebecca Zlotowski (France, 1h20), avec Léa Seydoux, Anaïs Demoustier, Agathe Schlenker, Johan Libérau, Nicolas Maury. Sortie le 10 novembre.


BELLE ÉPINE : BANDE-ANNONCE
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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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