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Arras Film Festival Jour 3 : « The Girl from the wardrobe » du polonais Bodo Kox vient se glisser parmi les favoris de la compétition

Arras Film Festival Jour 3 : « The Girl from the wardrobe » du polonais Bodo Kox vient se glisser parmi les favoris de la compétition

17 novembre 2013 | PAR Hugo Saadi

En ce 3ème jour de présence au Arras Film Festival, la compétition européenne continue de battre son plein sur la Grand’ Place d’Arras où les spectateurs attendent avec impatience le verdict du jury qui sera annoncé ce dimanche 17 novembre. Toute la Culture continue à couvrir le Festival avec deux films en compétition et deux autres hors compétition sur lesquels on vous dévoile notre ressenti dans les lignes suivantes.

Le Festival d’Arras mêle avant-premières, compétition européenne, hommages et rétrospectives. C’est dans le cadre de la rétrospective « Nord contre Sud », qui réunit une douzaine d’oeuvres sur le thème de la guerre de Sécession, de l’esclavage et de l’élection d’Abraham Lincoln que nous avons choisis de redécouvrir sur grand écran le film de Martin Scorsese : « Gangs of New York ». Martin Scorsese filme et reproduit une partie importante de l’Histoire des États-Unis et de New-York, à savoir le quartier de Five Points. Dans cette vile corrompue avec comme toile de fond la guerre de Sécession, le réalisateur américain fait s’affronter Léonardo DiCaprio et Daniel Day-Lewis qui livrent des performances de très grande qualité. Un long métrage que l’on prend plaisir à revoir et qui s’inscrit parfaitement dans la rétrospective mise en place par le Festival.

posterAprès cette parenthèse forte plaisante on retrouve la compétition européenne avec le film polonais « The Girl from the wardrobe » (photo 1) du réalisateur aux cheveux bleus Bodo Kox (une interview sera réalisée ce dimanche matin et à lire dans les prochains jours). Autant le dire d’entrée, le film polonais a marqué les esprits et rejoint la liste des favoris de la rédaction de Toute la Culture pour l’Atlas d’or. Bien reçu également par le public, le film a ému par son histoire touchante et symbolique. Cette histoire c’est celle de deux frères, Jacek (Piotr Glowacki) et Tomek (Wojciech Mecwaldowski). Ce dernier souffre de graves troubles neurologiques le rendant quasiment muet et dépendant complètement de son frère aîné. La voisine de palier de leur appartement HLM, Magda (Magdalena Rozanska) est, quant à elle, bien perchée et vit en permanence dans les effets hallucinogènes de ce qu’elle fume ou avale. Malgré le fait qu’elle soit dans un autre monde elle va se prendre d’affection pour Tomek. S’ensuit une belle histoire d’amour et de tendresse entre ses trois personnages hauts en couleurs. « The Girl from the wardrobe » envoûte le spectateur par son caractère féerique et très humain. Traitant de la maladie et des rapports humains, il arrive fortement à sensibiliser le public qui s’émerveille face au talent de mise en scène du réalisateur polonais.

152262.jpg_image_scaler_0x600Après cette belle surprise, on reste en Europe de l’Est avec « Le Grand Cahier » (photo 2) du hongrois Janos Szasz. Adapté du roman d’Agota Kristof, le film met en scène deux jumeaux de 13 ans durant la Seconde Guerre mondiale, forcés de vivre chez leur grand-mère à la campagne pour s’éloigner du danger de la guerre. Les deux jeunes garçons vont rapidement devoir compter sur l’entraide, la grand-mère n’étant vraiment pas tendre avec eux. Ils s’endurcissent et gagnent en résistance physique et morale face à un ennemi qui se fait de plus en plus présent dans leur quotidien. Sur le papier, cela semble plutôt vivant et rythmé mais à l’écran c’est autre chose. Janos Szasz se contente de filmer de manière trop légère, sans aller en profondeur dans les éléments qui convergent vers les jumeaux (l’affection d’un colonel SS pour les deux garçons, le retour de leur mère etc …). Il en ressort alors un décalage entre la puissance de ce que les garçons vivent dans leur quotidien et ce que le réalisateur met en scène. Il faudra surtout retenir du Grand Cahier la relation fusionnelle entre les deux jumeaux et cette alchimie qui se dégage pendant tout le métrage.

SUZANNE2013Puis pour la dernière séance de la journée on se rend au nouvel auditorium du Centre d’expositions et de congrès d’Arras pour y découvrir en avant-première « Suzanne » (au cinéma le 18 décembre prochain), le second long métrage de Katell Quillévéré. Sara Forestier, François Damiens et Adèle Haenel sont les trois protagonistes principaux de ce récit mouvementé de Suzanne, une jeune fille et jeune maman qui voit sa vie basculer lorsqu’elle tombe amoureux de Julien (Paul Hamy). Elle sort alors des sentiers battus et se retrouve coincée dans des situations qui l’amèneront à quitter ses proches. La jeune réalisatrice de 33 ans parvient à saisir toute la complexité de la personnalité de Suzanne grâce notamment à la très belle interprétation de Sara Forestier. On mentionnera également la remarquable performance de François Damiens qui se livre à une interprétation dramatique fort réussie, loin de son image de déluré comique que nous connaissons bien il surprend de façon agréable. Néanmoins, le film a du mal à trouver un rythme correct la faute à des ellipses temporelles trop nombreuses (le film s’étale sur 25 ans) rendant l’ensemble parfois décousu.

Enfin, en samedi et final du 14ème Arras Film Festival, on se rend à la soirée qui se tient sous la tente du village du Festival. Dans une ambiance conviviale et chaleureuse et un village bondé, le groupe Nath and Boyfriend revisite la variété française. Plus tôt dans l’après-midi, il y avait également affluence sous la tente pour venir écouter la leçon d’actrice de Yolande Moreau qui a parlé de sa carrière avec le journaliste de cinéma Xavier Le Herpeur (Studio CinéLive, Le Masque et la Plume, Le Cercle).

Une journée où l’on retiendra notamment la belle surprise « The Girl from the wardrobe » qui pose une sérieuse option pour l’Atlas d’or. Au programme du dernier jour du Festival, interview avec Bodo Kox, le réalisateur de la surprise polonaise, le dernier film en compétition à savoir l’estonien Kertu, un passage au Japon avec «Tel père, tel fils  de Hirokazu Kore-eda et enfin la soirée de clôture avec le palmarès et la projection de Un beau matin de Nils Tavernier.

visuels :

image à la une (c) Hugo Saadi

(c) Affiche et images issues des films The Girl from the wardrobe / Le grand cahier / Suzanne.

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