Cinema

Ander : rencontre avec le réalisateur et les deux comédiens principaux.

17 février 2010 | PAR Geraldine Pioud

Ander est un film hors du commun. Un film qui parle d’amour et de tolérance. Rencontre avec le réalisateur Roberto Caston et les acteurs Josean Bengoetxea (Ander) et Christian Esquivel (José).

Roberto, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier?

J’ai commencé à m’intéresser au cinéma vers l’âge de 15 ans. J’ai vu « la double vie de Véronique » et j’ai eu envie de faire un cinéma différent.

Pour un premier film, il y a une grande maîtrise dans l’enchaînement des plans et dans la direction des acteurs. Comment avez-vous fait le casting?

Effectivement il y a un parallélisme entre les séquences, cela fluidifie. Pour les acteurs, je ne voulais pas avoir des acteurs connus (et aussi parce que nous n’avions pas assez d’argent!) afin que le public puisse s’identifier avec plus de facilité. Le casting a été difficile : les acteurs devaient parler basque et correspondre à certaines caractéristiques physiques. Pour le rôle de Ander il y a d’abord eu des échanges par courrier avec des photos, etc… et Josean Bengoetxea aimait beaucoup le scénario. Pour le rôle de José il y a eu un un casting : il fallait un péruvien, cela n’était pas évident.

Le physique des acteurs est assez significatifs. Ander a un physique imposant et c’est lui le patron; José a plus un physique de mannequin, il est celui qui obéit… Les rapports sont équilibrés dans la relation sexuelle car c’est José qui prend plus le dessus.

Roberto Caston : C’est une lecture personnelle de la relation!
Josean Bengoetxea : Le personnage ne peut pas prendre l’initiative pour cette relation.

L’alcool aide au passage à l’acte…

Roberto Caston : Cet acte sexuel est effectivement désinhibé par l’alcool. Mais il y a avant cela beaucoup de choses qui amènent à ce moment là : Ander a besoin de quelqu’un pour l’aider après s’être cassé la jambe. Il est seul et se soûle avec José. Ils sont complices. José est de passage… et il est très beau.

La cuisine est une pièce importante, car elle reflète l’évolution du statut social de chacun.

Roberto Caston : En effet la cuisine et la table sont des éléments fondamentaux. À la campagne c’est très important : les gens s’y retrouvent, c’est une pièce où il y a de la chaleur. La table a été comme un échiquier sur lequel je déplaçais des pions. Les comédiens ont eu conscience des enjeux et de ce qu’il se passait dans cette pièce.

Du fait du sujet du film, avez-vous eu des difficultés à avoir des financements?

Roberto Caston : Au départ c’est une société de production qui m’a demandé d’écrire ce scénario afin de transmettre un message social par rapport aux homosexuels. Donc le financement et le tournage ont été assez faciles. Dans l’ensemble il faut savoir que le film reçoit un très bon accueil du public et dans les festivals. Le problème c’est que nous n’avons pas encore de distributeur dans notre propre pays (en Espagne).

Vous avez réussi à filmer l’amour avec un grand A d’une façon pudique et intelligente. Pour un premier film vous mettez la barre très haut!

Roberto Caston : Pour moi cela a été très intense, humainement et professionnellement. Je vis tout cela au jour le jour, j’ai les pieds sur terre. Je ne me pose pas la question sur ce qui pourrait arriver demain.
Christian Esquivel : Nous avons eu beaucoup de chance. C’est un film qui attire l’attention. Il est important aussi que le film suivant soit aussi bon. J’espère que ce sera un point de départ pour certains d’entre nous. Et je pense que la scène des toilettes sera classée parmi les meilleures du cinéma mondial!
Josean Bengoetxea : J’espère que ce film va générer des projets que je pourrai partager. En tous les cas ce film m’a donné de nouveaux outils en tant qu’acteur, et j’espère pouvoir m’en servir d’en d’autres films.
Roberto Caston : Je suis en train d’écrire un autre scénario… peut-être que la France me donnera des financements. J’ai reçu beaucoup de choses avec Ander, et si le film suivant a la moitié de ce succès, je serai ravi.

Une question pour finir : pourquoi on ne les voit jamais s’embrasser dans le film?

Tout simplement parce que les basques ne s’embrassent pas!


Entretien réalisé le 06 octobre 2009 lors du festival Cinespana de Toulouse, avec la collaboration de Thierry Loiseau, et traduit de l’espagnol par Danièle Saint Amans.

Ander, réalisé par Roberto Castón, avec Josean Bengoetxea, Eriz Alberdi, Christian Esquivel.
Sortie le 17 février 2010

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Geraldine Pioud

One thought on “Ander : rencontre avec le réalisateur et les deux comédiens principaux.”

Commentaire(s)

  • valerie

    et bien, on sait quoi aller voir ce soir! merci.

    février 17, 2010 at 10 h 54 min

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