A l'affiche

« La chair et les volcans », contemplative douleur signée Clémence Demesme

« La chair et les volcans », contemplative douleur signée Clémence Demesme

11 mars 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La jeune réalisatrice Clémence Demesme quitte sa route tracée dans le monde de la photographie pour entrer dans la grande famille des cinéastes. Elle le fait avec talent pour son premier court à l’affiche onirique, La chair et les volcans. A suivre.

[rating=5]

« Inspire ». Tel est le premier mot de cette histoire triste. Celle de Laura (époustouflante Marianne Pouységur) en classe de Seconde au Lycée Lafayette de Brioude, au cœur de l’Auvergne. Laura a l’air fragile, on saura vite qu’elle est celle avec « le petit souffle au cœur ». Elle est fine, blonde, la peau translucide. Pourtant, elle semble avoir sur ses épaules toute la force des cristaux qu’elle dessine. Elle a vécu un drame, on ne sait pas exactement quoi même si avec effroi on le devine. Elle vit seule avec son père, le détruit Eric Chantelauze.

On suit donc Laura dans sa réalité ici aggravée en même temps que sublimée par la camera qui se fait orfèvre. Clémence Demesmes galbe l’écran par instants, le détruit par d’autres. Elle amène le soleil dans les croix d’un cimetière, laisse les enfants embrasser les anges, et met nos confusions dans un bocal où désespèrent les poissons rouges.
La chair et les volcans est un objet esthétique et contemplatif d’une beauté pure. Il se regarde dans un souffle contraint, tout comme le cœur serré de Laura. Le dialogue entre le monde des adolescents et celui des adultes est amer. Ces derniers ne sont jamais à une place juste. Le professeur de sport à la gentillesse bienveillante (Gabriel Jean interprété avec justesse par Jean François Cesarini), a l’œil qui vrille vers la jolie fille, le professeur de science lui, est aveugle à la violence. Laura a le cœur qui lâche dans un nid de crabes qui a l’air d’être doux.
Clémence Demesme arrive ici à imposer un genre de cinéma qui se niche autant dans du Macaigne que dans du Céline Sciamma. Elle manie la caméra en reine en faisant d’une péllicule extrêmement léchée et onirique une œuvre d’un réalisme acerbe, le tout sans aigreur.

Visuels : La chair et les volcans

Projections :

Le 17 mars à 20h au Cinéma Le Paris, place du Postel, 43100 Brioude

Le 9 avril à 19H30 au Cinéma Utopia,place Maria Casarès, 84000 Avignon

[Critique] « Kommunisten » : un Jean-Marie Straub pas indispensable
Diane Tell revient avec son nouvel album « Une »
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *