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[Critique] « Le voyage d’Arlo » : une initiation bienveillante à la rêverie

[Critique] « Le voyage d’Arlo » : une initiation bienveillante à la rêverie

25 novembre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

Les studios Pixar nous proposent, avec leur dernier film d’animation, un voyage initiatique qui oscille joliment entre notion d’humanité et d’animalité. Une baguenaude certes peu surprenante mais pleine d’une tendresse toute réconfortante et d’une bienveillance analeptique. 

« Quoi ? Mais c’est encore un Pixar ? » est-il fréquent d’entendre lorsque l’on aborde Le voyage d’Arlo. Et pour cause, ce film d’animation est le deuxième poulain sorti tout droit des écuries Pixar en 2015. Quel ne fût donc pas l’étonnement des férus de films d’animation, en voyant le nouveau né sortir cinq mois seulement après le succès phénoménal de « Vice Versa ». Tous se sont donc interrogés : produit commercial, ou ode obstinée à la rêverie ? Nous opterons naïvement pour la seconde hypothèse, car si Le voyage d’Arlo n’a rien de surprenant ou de foncièrement transcendant, sa douceur appelle à la mansuétude de nos cœurs démunis. Et pour cause, Arlo est un petit dinosaure qui n’a rien pour lui : ni suffisamment robuste pour supporter sa vie d’énorme créature, ni assez courageux pour effectuer la moindre tâche qui lui est incombée, il est la risée de ses frères et soeurs mais vit dans l’espoir de rendre sa famille fière de lui. Le film étant une uchronie, il fait la proposition d’un monde qui serait en tous points différent du notre : l’astéroïde qui a tué les dinosaures il y a 65 millions d’années n’aurait fait que frôler la Terre. Les dinosaures seraient alors toujours rois d’une planète qui n’aurait rien perdue de sa nature superbe, et où animaux et hommes seraient obligés de cohabiter. C’est donc au cours d’un accident malencontreux que notre héros chétif se verra contraint de vivre un grand voyage semé d’embuches comme Disney les aime : mort rapide d’une des figures parentales, amitié forte avec une créature étrange, ennemis en tous genres etc. Et c’est sans doute le défaut majeur du film : la trame narrative est d’un classique tout décevant et évolue sur fond de principes vieillots à la mords moi le nœud tels que : tu seras un homme, mon fils/ tu seras une femme, ma fille.

Malgré sa désuétude certaine (et un rien lassante), Le voyage d’Arlo reste une fable émouvante, qui fluctue avec élégance entre animalité et humanité. Il évoque la différence, fantasme l’altruisme, choie l’amitié et surtout adule l’amour. Finalement, pourquoi ne pas se laisser aller à une rêverie d’un autre temps ? Pourquoi ne pas voyager avec Arlo au pays du grandir beau et du vivre superbe ?

Visuels : ©Affiche officielle du film

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Kalindi Ramphul

One thought on “[Critique] « Le voyage d’Arlo » : une initiation bienveillante à la rêverie”

Commentaire(s)

  • Demetra Lornius

    Exactement, je n’aurais pas dit mieux! EN revanche je ne pense pas que les messages divulgués soient viellots!
    Mais c’est vrai que ce film réchauffe le coeur !

    novembre 26, 2015 at 14 h 49 min

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