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[Critique] « Valentin Valentin » Pascal Thomas égare sa fantasque légereté dans une comédie qui nous laisse dubitatif

[Critique] « Valentin Valentin » Pascal Thomas égare sa fantasque légereté dans une comédie qui nous laisse dubitatif

10 janvier 2015 | PAR Gilles Herail

Pascal Thomas réunit Marilou Berry, Arielle Dombasle, Vincent Rottiers et Marie Gillain dans une comédie policière artificiellement joyeuse, plus proche de la chronique d’immeuble dépressive et parfois glauque. Un objet étrange, très inégal. Qui laisse dubitatif sur les intentions d’un réalisateur que l’on a connu plus inspiré.

[rating=2]

Synopsis: Dans ce « fenêtres sur cour» qui se déroule dans un petit immeuble parisien, tout un monde hétéroclite gravite, s’aime, s’observe sans toujours se voir. C’est là que vit Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle chinoise dont la présence dans la maison d’en-face l’intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? Valentin invite tous ses voisins à sa pendaison de crémaillère, sans se douter qu’il déclenche ainsi une spirale de violences…

On aime Pascal Thomas pour sa douce passion de l’égoïsme, du vin, de la nudité. Un cinéma soixante-huitard, assagi avec le temps, conservant pourtant une forme de fraîcheur. Le charme du couple Frot/Dussollier, la liberté de sa Dilettante, la bizarrerie de sa Très Très grande histoire d’amour. Adaptant une nouvelle fois un roman anglais, le réalisateur brouille les pistes en esquivant le cluédo attendu, délaissant le mystère policier au profit d’une chronique d’immeuble. Passant d’appartement en appartement. Suivant les regards à travers les fenêtres. Les amours et les aspirations secrètes des uns et des autres. Le fantasque apparaît par instants. A travers d’excellentes apparitions d’Arielle Dombasle, une chanson pleine d’énergie, quelques instants savoureux, une nudité rare dans le cinéma populaire français.

Mais le dilettantisme joyeux n’est qu’une façade. Car Valentin Valentin est plus dépressif que paillard, plus glauque qu’amusant, multipliant les seconds rôles d’un goût douteux. Une mamie alcoolique épave. Un voyeur malsain aux pulsions pédophiles. Un mari violent. Pascal Thomas manque d’empathie envers ses personnages, hésite entre la légèreté et la misanthropie. Sa direction brouillonne nous perd et la tonalité du film devient incertaine. Le malaise n’est pas loin et l’on ne comprend pas ce que le cinéaste veut nous raconter. Le suspense policier resurgit quelques minutes avant la fin comme un cheveu sur la soupe. Une touche de triste mélancolie conclut le film sur une note pensive. Un étrange objet.

Gilles Hérail

Valentin Valentin, une comédie policière de Pascal Thomas avec Marie Gillain, Marilou Berry et Vincent Rottiers, durée 1H46, sortie le 07/01/2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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