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[Critique] « L’affaire SK1 » Raphael Personnaz dans une reconstitution minutieuse et glaçante de l’affaire Guy Georges

[Critique] « L’affaire SK1 » Raphael Personnaz dans une reconstitution minutieuse et glaçante de l’affaire Guy Georges

10 janvier 2015 | PAR Gilles Herail

Sans atteindre la précision mécanique obsessionnelle du Zodiac de David Fincher, L’affaire SK1 traite son sujet avec minutie et sérieux. D’une froideur glaçante, cette reconstitution bien menée  ne laisse pas indifférent, interrogeant sans polémique la possibilité de rendre au monstre son humanité.

[rating=3]

Synopsis officiel: Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. (…) Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. (…) Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien ».

A la fois film d’enquête et de procès, L’affaire SK1 fait le choix de la minutie, du détail et de la reconstitution plutôt que de la thèse ou de l’interprétation. Dans la pure tradition du film d’enquête, Nicolas Tellier suit le flic Raphael Personnaz pendant plusieurs années, cherchant inlassablement de nouvelles pistes pour relier entre elles des affaires apparemment distinctes et identifier SK1. L’ambiance du 36 et ses conflits internes ne sont qu’une toile de fond. Car L’affaire SK1 cherche avant tout à retracer une enquête compliquée qui a marqué l’histoire de la police française, avec une mobilisation massive d’agents et une influence forte sur le débat du fichage ADN. Si l’on dénote ici et là quelques maladresses de mise en scène et d’écriture, l’humilité bienvenue du film emporte le morceau.

Le réalisateur a souhaité superposer deux phases de l’affaire. Avec un montage efficace alternant des séquences suivant la chronologie de l’enquête et des scènes de procès. L’aspect documentaire est réussi mais c’est le portrait de Guy Georges qui retient notre attention, interrogeant avec beaucoup de doigté l’humanité du tueur. Loin du Guillaume Canet grimaçant de La prochaine fois je viserai le cœur, Adama Niame est tour à tour inquiétant, perdu, minable, à la limite de la folie, sincère, enfantin, doux, attachant, imprévisible. La densité de l’acteur donne au film une dimension supplémentaire. Légitimant la présence d’un tiers essentiel, l’avocate (Nathalie Baye), cherchant à sauver l’âme de son client en l’accompagnant vers la confession. Un film sobre, glaçant et troublant.

Gilles Hérail

L’affaire SK1, un film policier de Frédéric Tellier avec Raphael Personnaz, Nathalie Baye et Olivier Gourmet, durée 2h00, sortie le 06/01/2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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