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[Critique] « Les Brasiers de la colère », tourbillon d’émotion et de vengeance en pleine Amérique profonde

[Critique] « Les Brasiers de la colère », tourbillon d’émotion et de vengeance en pleine Amérique profonde

14 janvier 2014 | PAR Hugo Saadi

Quatre ans après avoir fait sensation avec Crazy Heart (Oscar et Golden Globe du meilleur acteur pour Jeff Bridges), le réalisateur américain Scott Cooper revient avec Les Brasiers de la colère, un film sombre et puissant porté par un Christian Bale en état de grâce. [rating=5]

Pour son second film, Scott Cooper a décidé de poser ses caméras à Braddock, petite ville ouvrière de la Pennsylvanie pour nous présenter la relation conflictuelle de deux frères. L’aîné, Russell Baze (Christian Bale) marche dans les pas de son père et se tue à la tâche dans l’usine de la ville. Rodney (Casey Affleck) quant à lui a préféré s’engager dans l’armée en espérant un quotidien différent. La première heure du film nous immerge au sein de cette famille confrontée à des événements tragiques. Russell doit faire face à un coup du sort qui l’emmène derrière les barreaux. Pendant ce temps, Rodney revient brisé de ses missions en Irak et tente de survivre en pariant sur les courses. Les dettes s’accumulant, il est contraint de s’engager dans des combats de boxe illégaux orchestrés par le sociopathe des montagnes, Harlan DeGroat (Woody Harreslon). Suite à la disparition de son frère après un combat illégal, Russell Baze part à la recherche de celui-ci et se retrouve confronter à DeGroat et toute sa bande.

Les Brasiers de la colère s’ouvre sur une scène de drive-in dotée d’une brutalité et d’une folie qui nous glacent sur place. Le film ne connaîtra aucune sortie de route et la tension dramatique s’intensifiera à chaque confrontation avec une escalade de la violence. Cette plongée dans une Amérique profonde ravagée par la crise sera une véritable marche funèbre à base de justice sauvage et de règlements de comptes sanglants où les erreurs humaines conduiront vers un destin tragique. Les similitudes avec Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino sont nombreuses. En effet, Scott Cooper filme cette ville de la ceinture de la rouille sous son côté rustique et propose de nombreux plans sur les grosses cheminées, l’omniprésence de la fumée ainsi que les usines à l’abandon, le tout avec une photographie assez sombre et des décors réels puissants. Les Brasiers de la colère propose un final tendu et rempli d’émotions qui vient concrétiser une montée en puissance intense. En plus d’être un excellent réalisateur, Scott Cooper démontre à nouveau qu’il est très doué dans la direction des acteurs. En chef de file on retrouvera Christian Bale bouleversant qui livre une de ses plus belles prestations dans la lignée d’un The Fighter. Casey Affleck est possédé par son personnage de soldat brisé dont l’ultime issue est la violence. Willem Dafoe est étonnant et bluffant, quant à Woody Harrelson, il s’accapare du personnage d’Harlan DeGroat au plus profond de lui et joue un sociopathe à la gâchette facile avec brio. Les seconds rôles sont aussi au rendez-vous avec notamment Forest Whitaker, Zoe Saldana ou encore Sam Shepard. Les Brasiers de la colère est donc un très grand film qui nous secoue et nous emporte dans un tourbillon d’émotion et de vengeance.

Les Brasiers de la colère, un film de Scott Cooper, avec Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck, Willem Dafoe, drame américain, 1h56. Au cinéma le 15 janvier.

Visuels © Metropolitan FilmExport

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