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[Critique] « Le Combat ordinaire » Nicolas Duvauchelle dans l’adaptation cinéma de la BD de Manu Larcenet

[Critique] « Le Combat ordinaire » Nicolas Duvauchelle dans l’adaptation cinéma de la BD de Manu Larcenet

13 juillet 2015 | PAR Gilles Herail

Le combat ordinaire adapte en film une bande-dessinée de Manu Larcenet et nous embarque aux côtés d’un homme en proie aux crises d’angoisse, qui va devoir surmonter ses vieux démons. Une chronique de vie qui effleure beaucoup de choses, touche par instants mais manque de cohérence et de lien.

[rating=2]

Synopsis officiel : « Le combat ordinaire » c’est le combat de Marco, jeune trentenaire, un brin bourru, mais animé de bonnes intentions et qui, à partir de petites choses, de belles rencontres, d’instants précieux, souvent tendres, parfois troublants, va se reconstruire et vaincre ses vieux démons. »

Laurent Tuel s’était révélé au grand public avec la comédie fantastique Jean-Philippe, imaginant un monde où Jean-Philippe Smet ne serait jamais devenu Johnny Halliday, au grand dam de son plus grand fan, Fabrice Luchini. Le réalisateur fait partie de nos faiseurs, talentueux, à l’aise dans tous les genres, de l’horreur (Un jeu d’enfants) au thriller (Le Premier Cercle) en passant par la comédie populaire. Après l’échec de La Grande Boucle, grosse production Tour de France avec Clovis Cornillac, Tuel s’essaie à un cinéma plus intimiste. En adaptant une BD à succès qui suit les tourments d’un jeune homme mal dans sa peau.

Sujet à des crises d’angoisse régulières, qui peuvent le paralyser totalement, Marco se cherche, entre deux eaux. Lassé par son travail de photographe, incapable de rester avec une femme plus de quelques mois, paniqué par l’idée de s’engager, maitrisant mal ses montées de stress. Le combat ordinaire est celui d’un homme face à lui-même, qui va essayer de se remettre dans la vie. A travers la famille, le lien avec son frère, ses parents. En renouant avec son histoire et ses racines, le milieu ouvrier portuaire dont il vient et auquel il veut rendre hommage. Et avec une rencontre amoureuse, qui va l’obliger à se confronter à ses propres craintes. La chronique initiatique est attachante, avec un Nicolas Duvauchelle évident, clairement en phase avec ce personnage et ce qu’il évoque.

Laurent Tuel veut éviter le naturalisme à outrance et réussit parfois à installer une atmosphère étrange. En filmant le port de nuit, en faisant apparaitre comme dans un rêve des témoignages des proches de Marco. En dessinant quelques personnages mystérieux et en accompagnant le film d’une musique ambiancée de Cascadeur. Le combat ordinaire est un film que l’on aurait aimé plus aimer, car son scénario complexe aborde de nombreux thèmes passionnants. Inscrit dans la France contemporaine, le script parle de politique, du monde ouvrier en déclin, de la mémoire de la guerre d’Algérie, de la tentation du FN.

Beaucoup de pistes, d’envie de dire des choses, de chercher l’émotion avec pudeur. Mais le conte moral frôle parfois la leçon de vie et l’on perd le sentiment d’empathie qui se lie progressivement avec le personnage principal. La sincérité du projet est évidente, aussi bien du côté de la réalisation que de l’interprétation. On garde malgré tout un sentiment d’inachevé, un manque de fluidité, de cohérence, qui laisse au final une impression mitigée, malgré de jolis moments.

Gilles Hérail

Le combat ordinaire, une comédie dramatique de Laurent Tuel avec Nicolas Duvauchelle, durée 1h40, sortie le 15 juillet 2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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