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Bonhomme de Marion Vernoux, une épopée amoureuse sur fond de handicap et d’hypersexualité

Bonhomme de Marion Vernoux, une épopée amoureuse sur fond de handicap et d’hypersexualité

28 août 2018 | PAR Lucile Brusset

On avait découvert Marion Vernoux avec Et ta soeur et Les Beaux Jours, film lumineux sur la séduction après 60 ans. Dans Bonhomme, elle revient avec une comédie apathique sur un jeune couple, Piotr (Nicolas Duvauchelle) et Marilyn (Ana Girardot), qui tente de préserver leur amour en dépit de l’hypersexualité de Piotr à la suite d’un traumatisme crânien.

[rating=1]

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Piotr et Marilyn s’aiment. Ils travaillent tous les deux dans une ZAC de la grande banlieue lilloise et partagent un petit deux pièces dans une cité des alentours. Seulement, un jour, leur vie va basculer : Marilyn au volant, la voiture fait une embardée à la faveur d’une dispute de couple et voilà Piotr dans le coma. Quand il se réveille, surprise ! : le jeune et beau Piotr se voit être transformé en un matou débile à l’hyper-sexualité débridée. Pour faire court, un type de trente ans qui a cinq ans dans la tête et quinze ans dans le slip ! Pour Marylin, qui enchaîne les petits boulots de vendeuses à la ZAC, ce n’est pas une sinécure : il lui faut désormais assurer la survie du foyer toute seule tout en s’assurant que son obsédé de petit ami ne se fasse pas tout le quartier !

Le film est tout entier construit sur ce pitch : si l’intention de départ de Marion Vernoux est louable, puisqu’il s’agit avec Bonhomme de montrer comment, malgré les difficultés financières et le handicap (bien réel dans la mesure où elle s’inspire de traumatisés crâniens souffrant d’hypersexualité), l’amour peut faire tenir un couple, le film ne décolle jamais. A grand renfort de pénis dressés et d’expressions béates de Piotr, la réalisatrice tente de donner un souffle à son film mais rien n’y fait : ce dernier tourne en rond et patine. Quand on accroche enfin à l’intrigue, celle-ci retombe de plus belle : comment en effet croire à la prostitution de Piotr orchestrée par la gentille Marilyn pour que le ménage joigne les deux bouts ?

Plus dérangeant encore, le portrait que fait Marion Vernoux de la banlieue lilloise. A travers ses deux personnages principaux, la réalisatrice peint en toile de fond le quotidien des habitants d’une cité populaire. Tous les clichés y passent : la mère esthéticienne qui sort avec un jeunot, le côté play-boy de Piotr, ses origines slaves, l’accent popu des personnages…Mention spéciale aux post-it que laisse Marilyn à Piotr pour qu’il se débrouille seul la journée, bourrés de fautes…

Reste de cette comédie dramatique l’acharnement touchant de Marilyn pour sauver l’homme qu’elle aime, et le jeu sensible de Nicolas Duvauchelle, émouvant dans le rôle d’un grand enfant un peu trop porté sur le sexe. L’intrigue est aussi plus fine qu’il n’y paraît et nous interroge sur la profondeur de l’attachement amoureux et la manière avec laquelle tout peut basculer, du jour au lendemain. A noter également, la performance de l’excellente Béatrice Dalle et de François Rollin, tous les deux très bons dans leur second rôle de vieux briscards pleins de compassion pour le jeune couple qui, tant bien que mal, patauge dans ce film qui sonne un peu trop creux pour être vrai.

Bonhomme, comédie dramatique de Marion Vernoux avec Nicolas Duvauchelle, Ana Girardot, Béatrice Dalle et François Rollin. Durée 1h43, sortie en salles le 29/08/2018.

Visuel : ©Affiche du film

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Lucile Brusset

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