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[Critique] du film « Tamara » Comédie adolescente franchement réussie

[Critique] du film « Tamara » Comédie adolescente franchement réussie

29 octobre 2016 | PAR Gilles Herail

Alexandre Castagnetti (La chanson du Dimanche, Amour et turbulences) signe une comédie adolescente franchement réussie, inspirée de la bande-dessinée à succès de Zidrou et Darasse. Tamara met en avant une héroïne un peu ronde, complexée mais pas victime, dans une hilarante chronique de l’âge ingrat, teintée d’une bonne dose de romantisme et portée par un excellent casting (Héloïse Martin, Rayane Bensetti, Sylvie Testud, Cyril Guei, Oulaya Amamra et Blanche Gardin). Une très jolie surprise.

[rating=3]

Synopsis officiel : Tamara, 15 ans, complexée par ses rondeurs, décide à son entrée en seconde de se débarrasser de son étiquette de « grosse ». Pour clouer le bec des mauvaises langues, elle fait le pari avec sa meilleure amie de sortir avec le premier garçon qui passera la porte de la classe. Manque de bol, ce garçon s’avère être Diego, le plus beau mec du lycée. Le pari se complique pour Tamara…. Entre les sales coups des garces du lycée, une mère poule, les conseils « drague » de sa petite sœur, Tamara va vivre une année mémorable !

Les fans de la bande-dessinée de Zidrou et Darasse ont crié au scandale en découvrant l’affiche et la bande-annonce du film, reprochant au réalisateur le choix de son actrice principale, beaucoup moins ronde que le personnage original (voir le post de Branchés Culture). On constate effectivement une différence entre le trait de la BD et le physique de l’actrice mais la vision du film nous rassure. Le poids précis de son héroïne étant moins la question que l’image qu’elle se fait d’elle même et les surnoms que lui attribuent une partie de ses camarades. Toute en formes, ronde, grosse ? Les enjeux sont finalement les mêmes et on apprécie qu’une comédie adolescente grand-public choisisse une protagoniste qui ne soit pas filiforme et s’inscrive dans d’autres canons de beauté. Tamara n’est d’ailleurs pas un film sur le surpoids, contrairement à Mince Alors, comédie à succès de Charlotte de Turkheim qui croquait l’univers des cures d’amaigrissement.

Alexandre Castagnetti signe avant tout une vraie comédie romantique adolescente, contemporaine, qui se permet des excursions fantaisistes (la scène de baiser, l’apparition d’un musicien) mais cherche avant tout la chronique de proximité. Car les années lycée sont un éternel sujet de cinéma, qui provoque toujours l’identification des jeunes et la nostalgie des adultes. Le cinéma français a rarement été inspiré pour parler de l’âge ingrat (on sauve dans le tas Les beaux gosses ou A toute épreuve) et Tamara offre à ce titre un vrai bol d’air frais. Le rôle titre est interprété avec énergie par la comédienne Héloïse Martin, bien accompagnée par Rayane Bensetti et surtout Oulaya Amamra, révélation de Divines, qui confirme ici tout son potentiel comique (dans un rôle moins flamboyant mais tout aussi attachant). Les adultes ne sont pas en reste, avec une Sylvie Testud très drôle en mère inquiète, Cyril Guei, parfait en beau-papa cool et le second rôle hilarant de la trop rare Blanche Gardin. Voisine de palier épuisée par ses enfants et son mari qui s’improvise des apéros entre copines, qu’il soit 10h du matin ou du soir, pour s’accorder un peu de répit le temps de quelques (nombreuses) bouteilles de blanc.

Tamara joue la carte de la tendresse, revendique sa flamme romantique naïve, mais ne tombe jamais dans la mièvrerie. Grâce à la qualité d’écriture de son personnage principal, qui apprend à accepter ses rondeurs et est loin d’être une victime, cachant sous ses pull larges un fort caractère. Et se comporte d’ailleurs parfois de manière injuste avec son bellâtre d’amoureux qui cache lui aussi un gros manque de confiance en lui. La famille est recomposée, le couple mixte, le lycée moins 16ème que dans LOL et on prend beaucoup de plaisir à suivre ce groupe d’ados, dans leur diversité. On rit énormément (beaucoup plus que dans Brice 3!) grâce à la qualité d’un scénario qui soigne ses dialogues et ses gags. Et le récit initiatique nous embarque, malgré son classicisme et ses quelques lourdeurs (le groupe de filles « populaires », le papa interprété par Bruno Salomone). Une comédie franchement réussie, qui mérite un large succès.

Gilles Hérail

Tamara, une comédie française d’ Alexandre Castagnetti avec Héloïse Martin, Rayane Bensetti, Sylvie Testud, Cyril Guei, Oulaya Amamra et Blanche Gardin, durée 1h40, sortie le 26/10/2016

Visuels :© affiche et bande-annonce officielles du film
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Gilles Herail

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