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[Critique] du film « La fille du train » Emily Blunt dans un mélo-thriller oubliable

[Critique] du film « La fille du train » Emily Blunt dans un mélo-thriller oubliable

29 octobre 2016 | PAR Gilles Herail

Le réalisateur Tate Taylor n’est pas pour grand chose dans le (petit) intérêt que l’on peut porter à la Fille du train (The Girl on the Train en titre original). Qui survit uniquement grâce à Emily Blunt et aux ressorts dramatiques de son histoire inventée par l’auteure à succès Paula Hawkins. Un mélo-thriller du dimanche soir sans grand intérêt.

[rating=2]

Synopsis officiel : Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite… jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.

Emily Blunt incarne un femme au bout du rouleau, le visage ravagé par l’alcool, le regard absent, détruit par le cercle vicieux de la dépression. Trimbalant sa carcasse fatiguée et avinée dans des lignes de métro qu’elle arpente sans but, inlassablement, sept jours par semaine. Une femme à bout, incapable de tourner la page de son divorce, qui va retrouver l’envie de se battre en cherchant à résoudre le mystère de la disparition mystérieuse de la nounou de son ex-mari. Un enlèvement ou un meurtre auquel elle pense avoir assisté, mais dont elle est incapable de se souvenir, victime d’un black-out total dû à un état d’ébriété plus qu’avancé. Une de ces gueules de bois honteuses où la mémoire fait défaut, ne ressurgissant qu’à travers des images floues dont on ne sait si elles relèvent du fantasme ou du souvenir.

La fille du train (adapté du roman à succès de Paula Hawkins) se propose de suivre cette contre-enquête, fonctionnant par flash-backs furtifs qui vont permettre à l’héroïne de résoudre le puzzle. A-t-elle voulu tuer cette femme infidèle qui lui rappelle la maîtresse de son ex mari ? La jeune femme a-t-elle été assassinée par son mari jaloux ou d’autres personnes de son entourage? Les enjeux du thriller sont classiques mais le scénario réserve assez de rebondissements (qu’on ne révèlera pas!)  pour maintenir l’intérêt du spectateur, bon an, mal an. Même si l’on reste très loin de la maitrise du jubilatoire Gone Girl (Fincher), du sulfureux Elle (Paul Verhoeven) ou de Mon Roi (Maiwenn) qui traitait bien plus intelligemment la question des amours destructeurs et du harcèlement au sein du couple.

La fille du train peine surtout à développer ses portraits de femmes, qui s’intègrent mal dans un polar lorgnant parfois franchement vers le mélo. Au détriment de la tension et du rythme, pas aidés par une musique répétitive, une voix-off inutile, des effets de flous et de ralentis peu opportuns et une enveloppe générale assez cheap.  La salle, qui s’était tranquillement assoupie, se réveille un peu vers la fin, riant jaune devant une ultime séquence qui frôle le ridicule (et la série Z). Il y avait de la matière (merci Paula Hawkins!) mais le résultat final est un mélo-thriller très oubliable.

Gilles Hérail

La fille du train, un thriller américain de Tate Taylor, adapté du best-seller de Paula Hawkins, avec Emily Blunt, durée 1h53, sortie le 26/10/2016

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Gilles Herail

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