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A Cannes, on a vu « La Forêt de Quinconces », en salles le 22 juin

A Cannes, on a vu « La Forêt de Quinconces », en salles le 22 juin

04 juin 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Présenté Hors compétition au Festival de Cannes 2016, ce premier film signé Grégoire Leprince-Ringuet nous a convaincus, grâce à sa forme de poème, personnelle et maîtrisée.

[rating=4]

Grâce à son intelligence du texte et son engagement dans ses rôles, Grégoire Leprince-Ringuet s’est imposé comme l’un des acteurs français les plus talentueux de sa génération : on l’avait, à ce titre, adoré à Cannes 2015, dans Une histoire de fou (pour lire notre critique, cliquez). Pour sa première réalisation, il a choisi de tourner… en vers. Et il a fait de son film un poème à plusieurs voix, évoquant notamment la difficulté de se détacher du sentiment amoureux. Ainsi Paul, son héros, incarné par lui-même, vient de traverser une rupture sentimentale, qui continue à le poursuivre. Sur son chemin, il va croiser Camille, qui va encore lui compliquer la vie. Camille, armée de sortilèges, sonnant comme des malédictions. Paul, de son côté, a l’impression d’habiter une forêt, désormais…

La matière du film est constituée par ses dialogues. Les image, elles, n’y sont pas du tout stylisées. Même la forêt, et le monde imaginaire qui la jouxte, apparaissent parfaitement ordinaires. Les scènes où les vers s’échangent sont longues, et laissent le temps aux acteurs de jouer. Si, parfois, elles s’étirent trop, rendant le texte dur à suivre, elles donnent néanmoins au film une très bonne tenue.

On est donc heureux de parcourir cet univers aux côtés de très bons interprètes. Outre Grégoire Leprince-Ringuet lui-même, toujours très à l’aise et très engagé, on sera marqués, en particulier, par Pauline Caupenne, figure à la fois apaisante et dangereuse, et surtout par Thierry Hancisse, grand acteur, et Sociétaire de la Comédie-Francaise, ici dans un rôle évoquant le destin. Bien dirigé, et concentré sur son jeu physique, il avale le regard du spectateur à chacune de ses apparitions. Et le film de rester de bout-en-bout intrigant. Et maîtrisé, sur tous les plans.

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Visuels : © Alfama Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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