Musique

Le Téléphone / Amélia va au bal de Menotti à l’Opéra de Tours

30 janvier 2010 | PAR Laurent Deburge

Il est tellement rare de voir représenter en France des œuvres de Menotti que le déplacement à Tours s’imposait aujourd’hui. Le génial compositeur et auteur italien, adulé et vénéré dans son pays, n’a eu que trop peu ces dernières années les faveurs des scènes françaises.

Peut être la trop précise théâtralité de ses opéras, ou bien le coté  joyeusement sucré et désuet de ses livrets font peur. En effet, Menotti n’est pas l’homme des héroïnes tragiques ou des ténors aux notes tenues, mais quelqu’un qui cherche comment parler du réel, de personnages proches et charmeurs, et de sentiments pudiques, le tout avec toujours cette petite espièglerie d’enfant. Sa musique suit les mêmes règles, clarté et simplicité du langage, airs légers sur harmonies suaves qui s’autorisent quelques écarts harmoniques audacieux. Le duo final du Téléphone est vraiment un petit chef d’œuvre de simplicité et de délicatesse.Oui, un opéra de Menotti, c’est un petit bonbon sucré qui se déguste sans culpabiliser. L’homme a en plus la pudeur du temps puisqu’il ne vous imposera que 25 minutes pour le téléphone et 50 pour Amélia, vraiment pas de quoi avoir une indigestion.

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Pour cette nouvelle production de l’opéra de Tours, Eric Vigié livre une mise en scène simple et efficace, dans deux styles différents : Appartement New Yorkais et héros à la Woody Allen dans le Téléphone, chambre criarde et kitch avec personnages d’opérette surjoués dans Amélia. Si la mise en scène du téléphone reste sobre et touche juste, celle d’Amélia peut paraître un peu poussive soulignant un peu trop le coté « opérette » des personnages. On se passerait volontiers du fait que l’amant soit un avatar de Tintin, et qu’Amélia (Brigitte Hool, belle et sensuelle, avec une voix claire et sûre) ne puisse se déplacer sans minauderies exagérées, les dialogues et la musique faisant déjà le travail. On aurait peut être préféré des personnages plus cyniques et moins caricaturaux.

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Côté musical, on soulignera l’excellence de Sophie Haudebourg et Ronan Nedelec dans les rôles titres du téléphone, jeunes chanteurs à la voix parfaite : claire, colorée, compréhensible à tout moment et à la justesse de jeu évidente. Bravo aussi à l’orchestre de Tours, qui semble avoir été créé pour jouer cette musique : délicatesse des bois solistes, jeux de cordes énergiques et direction musicale de Dominique Trottein précise et entraînante.

On ne manquera pas ces 3 représentations des deux opéras au Grand Théâtre de Tours pour avoir l’occasion de (re)découvrir un autre génie de l’opéra italien, si proche de nous.

Grand Théatre de Tours, Représentations vendredi 29 et samedi 30 à 20h, dimanche à 16h.

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Laurent Deburge

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