Cinema
A Cannes, on a vu « Apnée », en salles en octobre, et à la Cinémathèque en attendant

A Cannes, on a vu « Apnée », en salles en octobre, et à la Cinémathèque en attendant

04 juin 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Jusqu’au 6 juin, les films de la section Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2016 sont repris à la Cinémathèque française. Cette sélection comptait notamment le premier film très réussi de Jean-Christophe Meurisse, qu’on a pu voir, donc, à Cannes.

[rating=4]

Apnee Cannes MeurisseLe générique d’ouverture d’Apnée annonce les couleurs de ce premier film signé Jean-Christophe Meurisse, membre éminent du collectif théâtral Les Chiens de Navarre : on sent que la provocation va le disputer à l’humanité et à l’envie de lutte. Sous nos yeux, trois personnages effectuent un ballet en patins à glace, sur fond de musique classique. Il sont aussi tout nus, et revêtus de masques de catcheurs. Auparavant, une toute première scène, très juste, les aura vus débarquer dans le bureau d’un maire – le génial Jean-Luc Vincent, dont vous pouvez voir l’interview vidéo en cliquant – pour demander à être mariés à trois.

Liberté, Égalité, Fraternité : tels sont leurs noms. Ils sont incarnés par trois comédiens officiant au sein des Chiens de Navarre, donc familiers des pièces au style plutôt rentre-dedans. On va les suivre, au fil de scènes délirantes dont le contenu pourra paraître provocateur, mais dans lesquelles justesse, humanité et talent emporteront bien souvent le morceau. Remercions déjà Jean-Christophe Meurisse de laisser durer ses séquences, afin qu’il s’y passe vraiment des choses. Le récit déroulé n’en est que plus subtil. Ensuite, rendons honneur aux interprètes, capables de marcher sur un fil tendu entre naturalisme et folie.

Résultent de cette potion quelques passages très marquants : une discussion a priori anodine avec une gamine dans une cour de récréation, qui prend un tour bizarre, mais pertinent ; un cours d’entretien d’embauche qui vire au délire, pur mais très humain, grâce au magnifique acteur aux yeux expressifs Thomas Scimeca, un dîner dit « de famille » où ses compères Maxence Tual et Céline Fuhrer font merveille… Lorsque le film prend la direction du Sud, il piétine un tout petit moment, mais se reprend ensuite. Et quand, à la fin, le feu s’invite, il éblouit : sur l’écran, c’est l’acte gratuit, digne d’une performance, qui fait rire, sans autre forme de gag. Et, dans tout ça, la provocation ? Au premier degré, elle est peu présente. L’équipe a préféré lui donner une forme plus humaine. Intelligent.

Pour voir le planning de la reprise des films de la Semaine de la Critique de Cannes 2016 à la Cinémathèque, cliquez.

*

Visuels : © Emmanuel Rojas

Visuel Une : © Shellac

Infos pratiques

Regine’s Club
Festival Petits et Grands
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *