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Rencontre avec la famille Wyeths à la Mona Bismarck Foundation

Rencontre avec la famille Wyeths à la Mona Bismarck Foundation

07 novembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Besoin de voyager ? Traversez la passerelle  ( classée !) Debilly, qui vous amènera avenue de New-York pour une excursion en Amérique.  La Mona Bismarck Foundation présente l’exposition « The Wyeths: trois générations d’artistes américains», méconnus en France, les trois prodiges sont des stars aux USA. Ces œuvres sont tirés des collections de la Bank of America Merrill Lynch, mais aussi de musées prestigieux et des collections de la famille Wyeth ou d’autres prêteurs privés.

Au jeu des sept familles, nous piochons peintre et grand-père pour commencer. Une salle nous plonge en enfance avec les toiles et les dessins de Newell Convers Wyeth.(1882-1945). Illustrateur de romans d’aventures et de livres jeunesses, ses dessins continuent de forger l’imaginaire des jeunes américains. En orchestrant l’image de l’Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson, il a acquis une reconnaissance incroyable. Ayant grandit dans une ferme du Massachusetts, il envahit ses toiles de grands espaces, de vents violents et de nuits étoilées, tel ce Winter, cape déployée devant une aurore boréale.

Dans la même famille, nous rencontrons le fils, Andrew Wyeth (1917-2009) considéré a juste titre comme l’un des grands peintres réalistes américains. Son travail de clair-obscur mêlé à des lignes contemporaines en font un mix d’Albrecht Dürer et de Chirico. Comme son papa, il s’attarde aux paysages ruraux, avec, soyons honnête, un supplément d’âme. Les teintes sombres sont ici lumineuses. The Mill voit se mêler le ciel et la terre dans un décliné de brun fleurant l’orage. Les traces d’ombre sur le corps de la jeune femme dans Lovers appelle une note de désespoir lié au moment de la séparation des corps. On le découvre portraitiste et explorateur d’intimité. A plusieurs reprises, il nous place spectateur derrière une fenêtre pour parfois nous confronter à quelqu’un, rarement de face. L’émotion est donc grandiose face au regard baissé de « The Drifter » ce  clochard noir, encore humain, encore élégant.

Si le père peignait en technique simple d’huile sur toile, le fils lui se prête à des jeux anciens  en utilisant la détrempe à l’oeuf, une technique exigeante inventée à la Renaissance. Cela donne une ambiance lynchienne aux œuvres, comme ce  Antler Crown, (1983), une scène de Pennsylvanie dominée par des bois de caribous achetés par sa femme, BetsyWyeth.  Le doute s’installe face à ce paysage où les lignes sont tranchées en miroir : un sapin se reflète en une couronne de caribou, au loin, des arbres morts, encore plus loin d’autres végétaux.


Son style traverse les époques, comme un pont parmi les peintres. Il transmet à son fils le sens du portrait psychologique.

La dernière carte est celle de Jamie. Passons sur sa passion héritée du grand air qu’il aborde sans grand talent. Arrêtons nous plutôt sur sa force de portraitiste.  A 19 ans, il croque le président John Kenedy, pensif. Il s’intéresse ensuite aux artistes en auscultant Andy Warhol, puis, Nureyev dont il attrape le corps et le regard. Sondeur de pensée, il capte l’instant et l’attitude dans un coup de pinceau photographique.

Bank America Merrill Lynch a prêté soixante œuvres dans le cadre de son programme d’action baptisé Art in Our Communities® qui permet à la fois au public d’accéder à des ressources artistiques de qualité et à des centres culturels mineurs d’organiser des expositions importantes.

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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