Arts

Ouverture du premier musée sur les SS : la fin d’une légende

20 avril 2010 | PAR Cecile David

Jeudi 14 avril, Wewelsbourg, Allemagne. Une propriété se laisse investir par la Schutzstaffel, l’escadron de protection du régime nazi. Leur lieu de résidence n’est autre que le mystique château qui aurait pu devenir leur foyer de recueillement en cas de victoire. L’objectif n’est pas de rendre hommage aux SS mais plutôt de briser le mythe qui les entoure.

Situé aux alentours d’Hanovre en Allemagne de l’est, le château d’Himmler, point de rencontre de l’unité d’élite nazie, préserve un passé douloureux. Les histoires qui circulent au sujet de la sombre demeure restent de l’ordre du mythe. Heinrich Himmler, chef redouté des SS, l’acquiert en 1934. Les dirigeants nazis s’y réunissent au dessous du « Soleil noir » (Schwarze Sonne), mais l’ambition du maître des lieux est plus grande. Il voudrait en faire une véritable école de formation pour ses jeunes officiers et plus que tout un « foyer spirituel ». En guise de symbole, une crypte circulaire tapissée de croix gammées abriterait une flamme éternelle.
Chargé de symboles, le lieu attire aujourd’hui les néo-nazis. « Il y avait des gens qui venaient au château et qui faisaient le salut hitlérien », explique Heinz Köhler, un responsable local à L’Agence France-Presse. Les dirigeants du musée marchent sur des charbons ardents.

Démystifier la place, voilà le projet. La directrice adjointe du musée, Kirsten John-Stucke insiste sur ce point. 99 % de la légende contée est fausse. Les chiffres et les textes historiques qui parsèment les murs sont incessants afin de montrer qu’il ne s’agit pas là d’une dithyrambe obscure mais bien d’une piqûre de rappel : même après sa dissolution, la Schutzstaffel ne peut se laver des crimes qu’elle a commis.
Le musée retrace ainsi la montée fulgurante de ces acolytes d’Hitler qui se comptent par millions. Leur froideur, leur inhumanité et leurs abus s’expriment au travers d’objets tels que l’agenda du chef des SS, les insignes des dirigeants et de nombreux documents historiques.
Moritz Pfeiffer, un jeune historien qui a participé au projet délicat, assure qu’un filtrage sera effectué à l’entrée. « Le musée a un règlement. Les visiteurs n’ont pas le droit de dire certaines choses, de faire certains signes ou de porter certains vêtements. »(AFP)

Pour le ministre de la Culture Bernd Neumann, présent à l’inauguration, le musée doit être « un endroit qui rappelle les victimes comme les coupables ».

Un inédit de Them Crooked Vultures en live
Nouvel épisode de la guéguerre Stéphane Guillon/ Philippe Val
Cecile David

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *