Arts

On traque Track à Gand

21 mai 2012 | PAR Margot Boutges

C’est un immense ballon gonflé à l’hélium qui flotte dans les airs coiffé d’un château surplombant les trois tours de la ville.

Nous sommes face à une des 41 oeuvres et installations disposées dans la ville de Gand, en Belgique flamande. Il pleut en ce jour de mai. Le rhume guette mais rien ne pourra arrêter le jeu de piste auquel nous convie Track jusqu’au 16 septembre.

Track, qu’est ce que c’est ? C’est un parcours artistique conçu par Philippe Van Cauteren, directeur du S.M.A.C.K, musée d’art contemporain de Gand et Mirjam Varadinis, responsable de l’art contemporain au musée d’art moderne de Zurich. Avec Track, les deux commissaires ont voulu « transpercer les murs des musées » pour amener l’art dans la ville. Faut-il y voir une mise à mort des musées, comme peut le suggérer Leo Copers qui a dispersé dans le jardin du S.M.A.C.K quantité de pierres tombales sur lesquelles on peut lire Louvre, Hermitage, Metropolitan Museum of Art et autres grandes institutions muséales ?

C’est plutôt que l’Art ne devrait connaitre aucune frontière. Track s’inscrit dans le sillage de l’exposition-manifeste « Chambre d’amis », qui en 1986 avait invité les artistes à façonner leurs œuvres d’art chez les habitants de Gand. Aujourd’hui, Track remet le couvert et marque la volonté de s’installer dans tous les recoins de la ville. Du centre-ville historique piqueté de maisons à pignon bien connu des touristes aux quartiers les plus excentrés et populaires, les six zones choisies par les commissaires ont chacune leurs beautés, leurs problèmes, leurs questions d’avenir. L’important est de les faire dialoguer, à l’image des Gantois chantant ou prêtant l’oreille filmés par le vidéaste Emilio Lopez-Menchero que l’on peut observer dans l’ancienne bibliothèque municipale de la ville.

Sur la butte Blanijn, où bat le cœur de l’université, les livres de l’immense bibliothèque en plein air imaginée par Massimo Bartolini s’offrent à toutes les mains. Dans le quartier Macharius où les SDF ont élu domicile, Tadashi Kawamata a dispersé des cabanes qui composent une favela dans le bassin de virage. Une manière de rendre visible ce qu’on cherche à cacher. Dans le quartier Tholius, où résident beaucoup de personnes âgées, Benjamin Verdonck à construit un bungalow en tout point semblable aux logements sociaux qui l’entourent. A la différence qu’il l’a placé dans un arbre, comme une petite bulle de fantaisie qui éclaterait dans un environnement tristoune.

Le patrimoine, précieusement conservé, n’en sert pas moins d’assise au présent. Le 8 septembre, l’extraordinaire polyptyque des frères Van Eyck (1432) exposé dans la cathédrale Saint-Bavon fera l’objet d’une réinterprétation vivante par une centaine de personnes. Loin de Bruges, belle voisine emmurée dans un passé dont on aimerait parfois la délivrer, Gand respire la jeunesse !

 

« Track » du 12 mai au 16 septembre 2012 à Gand

Toutes les infos ici

 

© Dirk Pauwels

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