Arts

Mois de la photo : Henri Foucault, Un monde parfait

30 octobre 2010 | PAR Yaël Hirsch

Comme pour l’exposition La photographie en Pologne communiste: un esprit surréaliste? qui a lieu au sous-sol de la galerie, Un monde parfait s’inscrit dans la ballade proposée par le Mois de photo où il est aussi ici question de corps. Un travail métaphorique, onirique où la photographie et le volume se mêlent.

Henri Foucault sait nous surprendre avec ses corps réduit à des squelettes ou lorsqu’ils sont de chairs, à des corps à voir dans tous les sens. Ils les fait danser, les illumine et les trouent. Le corps est un objet d’étude à part entière pour Foucault qui réinvente notre perception que nous pouvons en avoir. Dans la série Dedans/dehors, réalisée en 2010, les corps sont enfermés dans l’espace du cadre. Ils flottent, dansent et se retrouvent la tête à l’envers. Il s’agit là de corps radiographiés qui se meuvent dans l’espace nébuleux du cadre. Ils sont pareilles à des sculpture avec l’ampleur de leurs formes. Le spectateur prend alors conscience de ce corps qui est aussi le sien, il touche avec les yeux cette sculpture vivante. Plus loin, Foucault a choisit de nous montrer ses squelettes tout de strass vêtus avec Danse avec moi, réalisé en 2010 et exposé l’année précédente à la Monnaie de Paris. Encore une fois, Foucault traite de la représentation du corps en passant par le Rayon X. On peut voir des vanités, des danses macabres faisant ressortir nos émotions les plus intimes. Foucault cloue des avant-bras, il use de l’étain et du plomb, troue des corps entiers avec Nothing else, datant de 2008-2009. Il marie le procédé de photographie à la gélatine avec le miroir pour nous offrir « Miroir » où là encore des corps semblent enfermer et ne pas résister à l’espace. Ils sont comme dans une vitrine qui serait un pan de notre monde. Un monde parfait direz-vous. Foucault n’a pas finit de nous faire aimer son travail d’une sensibilité à fleur de peau et qui accroche le regard…vraiment pour longtemps.

Henri Foucault, « Un monde parfait », 29 octobre – 4 décembre 2010, Galerie Baudoin Lebon, 38 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris 4e, M° Hôtel de Ville ou Rambuteau. Du mardi au samedi, de 11 h à 19 h, entrée libre.

Mois de la photo : La photographie en Pologne communiste : un esprit surréaliste?
Festival Danse et cinéma à la Maison des arts de Créteil et au MAC/VAL.
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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