Arts
La vie dans les « Constellations » de Metz

La vie dans les « Constellations » de Metz

03 juillet 2021 | PAR Laetitia Larralde

Cette année encore avec son festival Constellations, la ville de Metz lève les yeux vers les étoiles pour un été de création numérique contemporaine. Une promenade qui explore les possibilités de vie dans l’univers.

L’édition de 2020 des Constellations n’ayant pas pu avoir lieu pour cause de Covid, les artistes reviennent cette année avec les œuvres sur lesquelles ils ont pu continuer à travailler quelques mois de plus. Constellations se compose de trois parcours : un parcours nocturne Pierres Numériques, et deux parcours diurnes, Art & Jardins et Street Art. Les 40 œuvres présentées des 86 artistes français et internationaux répondent cette année au thème « l’eau dans l’espace, la vie ailleurs ». Avec 12km de déambulation artistique dans la ville, le festival, entièrement gratuit, réserve de belles découvertes.

Le parcours nocturne Pierres Numériques allie patrimoine et culture numérique. Sur les façades ou au sein de l’architecture aux influences italo-franco-allemandes de Metz, les créations numériques viennent prendre place et donner une autre lecture du patrimoine architectural. Avec la lumière comme matériau, les œuvres ajoutent une nouvelle strate d’histoire sur la pierre de la ville. On découvre 22 œuvres réparties dans 16 lieux du centre-ville, pour une exploration nocturne l’esprit tourné vers l’espace, guidés dans le ciel par des lasers bicolores qui nous indiquent le chemin.

Armés de pixels, de lumière et de son, les artistes s’interrogent donc sur l’eau, ici et ailleurs, source de vie, ressource à préserver et moteur d’exploration spatiale. Au Temple Neuf, le collectif espagnol Playmodes met en scène l’évolution d’un langage extra-terrestre par le biais d’un programme aléatoire dirigeant sons et lasers, allant du chaos vers la structure. A l’Hôtel de Région, Jésus s. Baptista et NIID imaginent un voyage vers une exoplanète via une structure pyramidale, à la fois phare et destination mystérieuse. Plus loin, nous arrivons sur Mars, l’œuvre de Luke Jerram représentant la planète sur une sphère de 6 mètres de diamètre, faisant de nous ses satellites.

Toujours sur l’idée de l’exploration de l’univers, Desaxismundi projette ses Exographies tout au long du parcours. Les cartographies imaginaires inventent des voyages à la surface de planètes et des puissances qui les façonnent. Dans le jardin Fabert, Chevalvert a installé un système de sondes autonomes qui recherchent inlassablement les traces de vie et modifient leur comportement à chaque rencontre. Produite et acquise par la Région Grand Est, Flux, l’œuvre de Scale, est elle aussi interactive. Son ballet hypnotique de leds robotisées se déploie dans le cloître de l’Hôtel de Région, contrôlable par le public.

Le musée de la Cour d’Or, qui continue sa rénovation, accueille sur les murs de la cour du grenier de Chèvremont l’installation audiovisuelle Creaturae de Bordos.ArtWorks, qui joue avec la lumière et l’architecture, créant des ondulations abstraites. Vincent Masson et le Collectif Sin proposent eux aussi un mapping architectural sur la cathédrale avec une réinterprétation de leur précédente intervention, Morphosis. Ici, les vitraux et les jeux de lumière et de couleur qu’ils créent tout au long d’une journée servent de base, se propageant comme autant de phénomènes aquatiques. L’église Saint-Clément accueille quant à elle une version plus condensée de mapping vidéo avec les dix projets sélectionnés pour le concours international. Le public pourra voter et élire le vainqueur parmi des créations aux univers très variés.

Citons enfin Reflexion, des tchèques Petr Vacek et Adam Cigler, situé dans l’église des Trinitaires. Composée de 91 miroirs montés sur des supports mobiles autonomes, l’œuvre nous immerge dans une danse hypnotique de reflets de lumières aux couleurs changeantes par l’inclinaison parfois infime de chacun des miroirs. Cette créature aux écailles lumineuses fascine par sa délicatesse, évoquant à la fois les gouttes de pluies sur l’eau et tout le cycle de l’eau, du nuage de tempête au lac gelé.

Les parcours diurnes proposent une série de fresques murales urbaines autour de l’exposition Sketch : de l’esquisse au graffiti à la galerie d’exposition de l’Arsenal. Vincent Masson et Ferdinand Dervieux prolongent leur expérience de mapping à l’intérieur de la cathédrale Saint-Etienne avec l’application Morphoses qui permet de jouer en réalité augmentée avec les vitraux, comme une fresque virtuelle. Le parcours Arts et Jardins offre une belle promenade au bord de l’eau où les œuvres jouent avec la nature et les constructions qui la bordent jusqu’à se fondre en elle avec des interventions espiègles et poétiques.

Cette quatrième édition des Constellations de Metz nous propose de belles échappées vers des territoires artistiques et scientifiques en cours d’exploration. Mais malgré la fascination pour l’espace, n’oublions pas que nos pieds restent sur une Terre dont nous n’avons pas encore percé tous les secrets.

Constellations de Metz
Du 01 juillet au 04 septembre 2021

Visuels : 1- EXO,Collectif Playmodes ©Collectif Playmodes / 2- Reflexion, Petr Vacek et Adam Cigler ©Petr Vacek et Adam Cigler / 3- Swarm Intelligence, Hotaru Visual Guerrilla ©Hotaru Visual Guerrilla / 4- Morphosis 2, Vincent Masson et Collectif Sin ©Vincent Masson
Teaser Constellations de Metz 2021

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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