
Zwy Milshtein à la galerie Corcia à Paris
Claire Corcia voulait l’exposer depuis l’ouverture de sa galerie en 2008. Le rêve est devenu réalité. Zwy Milshtein, exposé depuis 60 ans en France et dans le monde, est à l’honneur dans cette galerie jusqu’au 17 juillet 2015.
La peinture est un trésor de couleurs et de styles et certains artistes en sont ses plus belles pépites. Zwy Milshtein en fait partie. Ce touche-à-tout attachant et entier, peintre mais aussi sculpteur et dessinateur, qui utilise la lithographie, la gouache, l’encre de chine et même l’infographie, est l’un des derniers représentants de la prestigieuse Ecole de Paris.

Et comme ses aïeux venus éclabousser la capitale de leur talent, Milshtein est une éminence grise de la bohême. Dans ses œuvres parsemées tantôt de collages, de textes, de photos, de morceaux de bois, d’objets ou de papiers, on retrouve des bouteilles d’alcool, des femmes, des visages aux expressions drôles ou tristes ou bien encore des chats noirs, motifs représentés d’un trait nerveux et énergique à la manière d’un Soutine ou des expressionnistes (Milshtein rend d’ailleurs hommage à Egon Schiele dans une de ses œuvres).

Cette inspiration et cette vivacité viennent de l’enfance de Zwy Milshtein. Les souvenirs de sa jeunesse et de la Seconde Guerre mondiale sont omniprésents dans son travail comme dans le très émouvant Un refuge précaire. Né en 1934 en Moldavie, son père est arrêté par les Soviétiques en 1940. Envoyé au Goulag en Sibérie il n’en reviendra pas. Puis vient la Géorgie pour fuir les bombardements, Chypre et Israël… A 15 ans Milshtein a vécu dans 4 pays différents.

Durant ces années, Zwy a un ami qu’il ne perdra jamais de vue, la peinture, auprès de laquelle il peut confier son inspiration et qui ne le quittera plus. Milshtein arrive ensuite en France à 22 ans et intègre notamment les Beaux-Arts. Depuis 2007, il vit et travaille dans le Rhône, à Gleizé.
De cette existence mouvementée marquée par l’exil, Zwy Milshtein est l’incarnation du Juif errant, ce citoyen nomade qui est chez lui partout dans le monde et pourtant étranger.

Mais n’allez pas croire que dans ses œuvres Milshtein est un ambassadeur du malheur. Bien au contraire… Amoureux de la vie, Milshtein voit dans la mélancolie et la solitude de l’optimisme et de l’espoir. Comme chez Woody Allen, Milshtein conserve son humour et son ironie alors que la situation ne prédestine pas à la joie. Les œufs sur le plat et les poireaux présents dans certaines de ses œuvres sont sans doute les exemples illustrant le mieux cette causticité inattendue et burlesque.
Christophe Dard.
INFORMATIONS PRATIQUES :
Zwy Milshtein
Jusqu’au 17 juillet 2015
Galerie Claire Corcia
323 rue Saint Martin 75003 Paris
Ouverte du lundi au vendredi de 11h30 à 19h
Téléphone : 09 52 06 65 88
[email protected]
www.galeriecorcia.com
VISUEL EN UNE: © Un refuge précaire, 2015. Technique mixte et collages sur toile, 200 x 300 cm