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Les vernissages de la semaine du 28 novembre

Les vernissages de la semaine du 28 novembre

28 novembre 2013 | PAR Kim Beci

Une semaine de plus, on vous accompagne dans les galeries de Paris, à la découverte d’artistes à l’imagination débordante, venant de tous les coins du monde. Originaux,  tous si différents… Le choix n’est pas facile !

Cette semaine, on vous propose de découvrir une panoplie de vernissages d’artistes à l’histoire folle, aux origines romancières, à l’esprit étonnant. Ils sont bien méritoires d’une place entre les artistes marquants de ces deux deniers siècles !

Pour s’échauffer, la galerie ENTRE offre l’opportunité, du 27 novembre au 14 décembre, de découvrir Layer upon layer, de Dorothée Davoise. L’artiste travaille le blanc, les matières brutes, l’interaction de l’homme avec la terre. Ses compositions combinant la sculpture et la photographie trouvent leur âme dans les volumes. Le résultat est brut, sophistiqué, et subtil dans sa crudité.

Ensuite, et grâce à la courtoisie de la Fondation d’Entreprise Ricard, quatre expositions à l’impact tout aussi fort.

Ulla von Brandenburg projettera Die Straße. Le film, dernière œuvre de l’artiste, offre une perspective lointaine du monde, nous situant en spectateurs mais aussi en protagonistes dans une position extérieure, un peu en « voyeurs ». Il provoque la suspicion, le questionnement sur l’existence, sur la place que l’on occupe. Ceux qui voudront percer l’étrangeté de l’artiste allemande pourront se rendre à la galerie ART CONCEPT du 30 novembre au 25 janvier 2014.

L’univers de Guillaume Dégé est très particulier. Son art paraît une sorte d’alternative au réel, une façon de prendre la place du Créateur pour son monde à lui. Ses créatures étranges sont d’une beauté curieuse. L’œuvre se compose de collages très nettes, minimalistes, ou de dessins qui croisent des morceaux d’êtres existants, qui ne sont plus le mêmes une fois ressortis de son esprit. Pour accueillir ces œuvres délirantes, la galerie Semiose ouvre ses portes pour l’exposition personnelle de Dégé du vendredi 29 novembre au dimanche 29 décembre 2013.

Si les transformations vous fascinent, vous ne devriez pas louper l’expo de Robert Wilson, qui a bien fait parler de lui ces derniers temps pour sa collaboration avec Lady Gaga. La reproduction en photographie de 24 toiles célèbres, précédemment au Louvre, (Video Portraits de Lady Gaga) seront montrées à la galerie Thaddaeus Ropac  du samedi 30 novembre 2013 au samedi 11 janvier 2014.

La dernière surprise que la Fondation d’Entreprise Ricard nous prépare pour cette semaine est un invité d’honneur dont on avait déjà parlé à Toute la Culture. Il s’agit d’Andres Serrano avec sa dernière création : Cuba. Un ensemble de photographies du pays de Castro qui transmettent les impressions de l’artiste en nous faisant pour la première fois découvrir la terre de ses ancêtres. Un reflet transparent, sans a priori, signé Serrano. L’artiste nous avait déjà surpris avec son Piss Christ », exposé avec d’autres œuvres proposant une vision décalée et controversée du Christ. À cette occasion, il avait en effet, pour toucher ce sujet délicat qu’est le sida, plongé une photo du Christ dans un bain de pisse et de sang. L’œuvre, très controversée, avait beaucoup choqué les catholiques mais n’avait pas pour autant découragé son auteur, dont le style frôle souvent le morbide. Dans Cuba, il est plus réservé, moins cru, mais aussi hypnotisant que d’habitude. Du 28 novembre 2013 au 16 janvier 2014 dans la galerie Yvon Lambert.

Si la FER ne vous a pas suffit, on vous propose deux artistes à découvrir absolument (au cas où vous ne l’ayez pas encore fait !). L’une, avec son art plein de calculs, réinvente le temps ; l’autre, pour son passé terrible, remet en question le sens même de l’art contemporain.

Olga Kisseleva dévoile son Contre Temps, du 30 novembre au 11 janvier 2014, au Rabouan Moussion. L’artiste russe remanie le concept éphémère qu’est le temps et rompt avec les lois qui le régissent pour en créer un à sa mesure. Les mathématiques et la physique sont bien présentes. Ses horloges sont interactives, s’adaptant à la mesure du temps, du corps de chacun. L’heure varie dans ses oeuvres selon le rythme cardiaque ou le prix du travail à heure de chaque pays. Cette heure n’est pas la même pour une personne et une autre, il ne court pas à la même vitesse en France et en Inde. Inspirée de l’histoire russe, le temps est pour Kisseleva un concept tout sauf statique. La technologie et les sciences viennent se joindre à l’histoire des contrastes sociaux et politiques : une approche extrêmement insolite et réfléchie.

Dernier vernissage : celui de James Edward DeedsThe electric pencil, le 29 novembre de 18h à 21h au Christian Berst, Dessein d’Art Brut, à l’occasion de 3 Days in Paris. L’histoire de ce peintre est très originale, et d’une profonde tristesse. Ayant vécu toute une vie dans en hôpital psychiatrique, subissant des traitements à l’électrochoc, les peintures d’Edward Deeds sont le fruit de la fuite de son esprit dans un monde imaginaire. Les dessins aux yeux écarquillés, aux animaux exotiques et aux paysages colorés ont été conservés pendant 40 ans. A la mort de celui qui les avait trouvées dans une poubelle 40 ans auparavant, les planches, auxquelles on a trouvé une personnalité unique, ont été cédées, et nous pouvons aujourd’hui grâce à cela être témoins de l’œuvre de cet artiste américain.

Pour finir le parcours en douceur, une nouvelle du 27 novembre : l’Exposition Universelle de 2020 sera célébrée à Dubaï, aux Émirats arabes. Les autorités ont annoncé leur joie d’accueillir l’expo car celle-ci sera l’occasion tant attendue d’élargir l’économie, de développer le tourisme et l’industrie du pays, et ce à long terme, avec une attente de 25 millions de visiteurs pendant l’exposition. Le sujet présenté par Dubaï (Connecter les esprits, Construire le futur) a recueilli 116 votes.

Visuel : © Andres Serrano/ James Edward Deeds/ Olga Kisseleva

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Kim Beci

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