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Andre Cadere, Pièces textuelles, photographies, ephemera : exposition hommage : documents et œuvre in situ à la Galerie Hervé Bize, [Nancy]

Andre Cadere, Pièces textuelles, photographies, ephemera : exposition hommage : documents et œuvre in situ à la Galerie Hervé Bize, [Nancy]

03 janvier 2019 | PAR Pauline Lisowski

En ce moment « invader » au Centre Pompidou dans le cadre de l’année France-Roumanie, André Cadere est aussi présent à la Galerie Hervé Bize de Nancy. Surtout connu pour un objet, la barre de bois rond auquel il est immédiatement identifié et qu’il avait pris l’habitude de porter avec lui au gré de ses déplacements.

« Mon travail consiste en une barre de bois rond composée de segments assemblés dont la longueur est égale à leur diamètre : ces segments étant peints avec différentes couleurs dont les permutations systématiques, contenant au moins une erreur, mettent en évidence justement la barre de bois rond composée de segments assemblés. » affirma-t-il en 1972. Tel un signe plastique, cet objet tridimensionnel, qui n’a ni haut, ni bas, ni face ni revers, a donné lieu à la production d’environ 200 œuvres de longueurs différentes devenant ainsi selon le vœu de l’artiste une « peinture sans fin ». Ce travail lui a permis de repenser les pratiques de l’exposition, la barre pouvant être indifféremment exposée au mur, à différents niveaux, posée au sol, présentée de façon temporaire ou déplacée d’un lieu à l’autre. Elle est parfois installée à des endroits où on n’attend pas forcément la présence d’une œuvre d’art. Celle-ci est également un indice de la présence de l’artiste dans différents espaces urbains.

La galerie Hervé Bize, qui depuis dix ans, s’applique à mettre en lumière l’ensemble de l’œuvre de cet artiste, lui consacre sa première exposition monographique dans ses murs. En parallèle, le Centre Pompidou lui rend également hommage à Paris en présentant ses œuvres, dispersées dans les collections modernes et contemporaines (exposition rétrospective à découvrir jusqu’au 15 avril). Hervé Bize a choisi de présenter un ensemble d’œuvres moins connues et qui pourtant participent de la démarche complète de cet artiste, de ses « activités », réunissant ainsi des pièces textuelles, des photographies ainsi que d’autres documents.

Cette exposition est l’occasion de présenter une interprétation murale de la Barre de bois rond B 20001003, qui reprend un dispositif réalisé par André Cadere en 1972. Celle-ci court en bas des murs de la galerie, traverse les deux salles et propose une nouvelle lecture visuelle de l’espace. Cette œuvre suggère un passage et fait écho à la pratique de marcheur qu’a développé l’artiste. Un ensemble de photographies conduisent à un voyage à travers les différents lieux qu’il a parcouru et où il a présenté son travail. On découvre ainsi des moments de vernissages ou bien encore de déambulations dans la ville de New York. Des pièces textuelles de différentes formes, mail art, insertions dans des revues témoignent également de l’engagement de l’artiste dans la société artistique de son époque. Des éléments imprimés, tels que des cartons annonçant différents projets, sont aussi présentés. Plutôt que des documents, ils ont le statut d’œuvres.

Ainsi, ce riche ensemble de pièces témoigne de sa démarche à la fois conceptuelle, ancrée dans la réalité d’un monde de l’art et interroge les différentes pratiques de l’exposition. Celle-ci nécessite de prendre le temps de lire et de se plonger dans une période artistique. Elle met en lumière la figure de l’artiste marcheur dont l’œuvre a investi tout autant les espaces d’exposition classiques qu’elle a interrogé leur influence sur la situation artistique d’une époque.

Une exposition à découvrir jusqu’au 2 février

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