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Virée de fin d’année à la Haye, Six siècles d’art dans un seul musée

Virée de fin d’année à la Haye, Six siècles d’art dans un seul musée

28 décembre 2013 | PAR Sabina Rotbart


Normalement seuls les juristes et les amateurs d’art connaissent la Haye. Les uns pour le tribunal pénal international, les autres pour les collections sublimes de ses deux grands musées, le Gemeentemuseum pour l’art moderne et contemporain et le Mauritshuis, pour la peinture hollandaise ancienne. Comme le second est fermé jusqu’en juin pour rénovation, ses chefs d’œuvre sont montrés dans une aile du premier. Comprenez qu’en un jour, vous pouvez donc tout voir, de Vermeer à Damien Hirst et vous promener en Chanel dans la mignonne exposition éponyme.


A la Haye, vous le savez, vous qui avez lu Proust, s’admire un des plus beaux Vermeer, la vue de Delft. Avec ce fameux « petit pan de mur jaune » que Bergotte invoque juste avant de tomber foudroyé par une attaque. « C’est ainsi que j’aurai dû écrire. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune » dit l’artiste avant de s’écrouler. Vous pouvez la voir en ce moment, délocalisée avec 100 chefs d’oeuvre au Gemeentemuseum, le musée municipal. Par contre, cette coquine de jeune fille à la perle, de Vermeer toujours, risque de vous échapper, partie, jusqu’à juin en tour du monde, Japon, New York, Bologne, elle ne revient qu’en juin, profitant de la rénovation du Mauritshuis, où elle loge d’habitude pour voir du pays.
Le Gemeentenmuseum est un bonheur. Ici s’expose la plus grande collection au monde de Mondriaan (depuis ses débuts figuratifs jusqu’à Victory boogie woogie) et des contemporains excitants. En ce moment une exposition thématique « la leçon d’anatomie » profite des circonstances et réunit la célèbre toile de Rembrandt et des Damien Hirst très physiques. Le côte-à-côte intéresse. L’intérieur du corps, suggéré d’un côté s’avère surexposé de l’autre.
Dans la section dédiée à la mode, le musée propose une jolie petite exposition Coco Chanel où vous faire photographier avec la veste de tailleur éponyme. Hommes et femmes s’exécutent sans se faire prier dans un pareil bonheur ! Chose étrange, la veste va plutôt bien aux hommes ! (jusqu’au 2 février)
Bref, nous adorons ce musée dont la ligne, délicieusement plate, rivalise avec l’horizon. L’architecture art déco, très aérée, appelle l’air du large tout proche. Devant, sur une pièce d’eau tranquille et ses nénuphars un pont dévasté laisse le passant interloqué. Ce pont rebelle à toute traversée évoque-t-il une guerre, passée ou actuelle ou bien se rebiffe-t-il, refusant sa fonction? Sans trancher nous prenons un bus, pour rejoindre le soir le port de Scheveningen (prononcez skeveningen) et aller croquer les crevettes de la Mer du Nord, délicieuses.
Demain, il sera temps de pénétrer dans la maison du peintre Escher, un lieu propice à l’hallucination avec ses jeux d’optique fabuleux, ces poissons qui deviennent oiseaux, sur les murs, les plafonds, les tableaux, les tissus…
Sabina Rotbart

Visuel : (c) DR Gemeentemuseum

Tout savoir pour y aller :
Y aller : à seulement 3 h de Paris en Thalys, Thalys.com
Où dormir : l’idéal, c’est le Steinberger kurhaus du bord de mer, à Scheveningen. Pour les embruns et l’architecture balnéaire. Ou l’hôtel des Indes, un établissement historique en plein centre (tous deux entre 120 et 150 euros la double). Mais si votre tirelire est déjà cassée, optez pour le Parkhotel au centre (60 euros) ou un des établissements de la chaîne Accor, Mercure, Novotel ou Ibis.
Une manifestation intéressante, si vous venez mi-janvier : writers unlimited, plus de la moitié des manifestations sont en anglais, www.winternachten.nl
Pour en savoir plus : www.holland.com

Playlist de la semaine (47)
Love de Stéphane Koechlin, d’amour et de haine…
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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