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La photographie humaniste de Vincen Beeckman s’expose au Château d’eau (Toulouse)

La photographie humaniste de Vincen Beeckman s’expose au Château d’eau (Toulouse)

02 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Sous le joli titre « Je pense que vous devez être plusieurs » et sur deux étages du Château d’eau qui célèbre la photographie au bord de la Garonne, le photographe belge Vincen Beeckman expose pour la première fois en France plusieurs de ses cycles. A la fois très réalistes et performatifs, ses clichés font entrer dans un monde populaire, fort et coloré.

Que ce soient les bouleversants Claude et Lili, sans-abris d’un certain âge qui ont rencontré l’amour en se croisant à la foire du midi ou le portrait de la famille Ansquer, à Mons ou encore les habitants et internés du centre psychiatrique de La Devinière, Vincen Beeckman travaille dans la durée : il tourne et retourne encore à la rencontre de ses sujets et s’immerge dans leur vie. Tant et si bien que quand Lili meurt, c’est le photographe que Claude appelle le premier. Le résultat de ce travail humain fort, qui allie la performance à l’image est d’un réalisme et d’une vie saisissants. On ne peut pas rester impassible, face aux clichés d’enfants jouant avec malice avec ce qui les entoure. Et l’émotion est à son comble quand amour, mort et destin encerclent en quelques clichés les amants merveilleux : Claude et Lili. Au sous-sol, avec deux ou trois paysages cachés dans les rouages du château d’eau, la série sur les restaurants chinois dépasse largement le simple cadre de la photographie pour confiner à l’enquête et l’archivages : Prises à Rio, Téhéran ou Luxembourg (série qu’on voit au Château d’eau), dans un travail de présence où le photographe s’est posté dans un restaurant chinois pour finir de tester toute la carte, les photos de familles sont là, rayonnantes, mais aussi les objets du quotidien, le 33 tours du « restaurant chinois » de Michel Delpech, et un dialogue sans parole qui se tend entre l’artiste et ses sujets et tout une grande toile mondialisée que la photo de Vincen Beeckman essaie de contenir dans le domaine de l’humain, du visage et du questionnement. Un grand artiste et une œuvre très sensible à découvrir à Toulouse jusqu’au 17 mars 2019.

visuels : Vincen Beeckman

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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