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« Rue des Rosiers / Le Marais juif » au MAHJ : un instantané empreint d’affection et de délicatesse

« Rue des Rosiers / Le Marais juif » au MAHJ : un instantané empreint d’affection et de délicatesse

08 août 2013 | PAR Amelie Eleouet

Alecio-de-Andrade-Simone-VeilPhotographe brésilien né en 1938, Alécio de Andrade réalisa de nombreux reportages photo dans le monde entier entre 1965 et 2002. Ses images sont parues dans Newsweek, Fortune, American Photographer, Géo, Le Nouvel Observateur, Le Figaro, Stern, Il Tempo et dans son pays dans le Jornal do Brasil, Fatos e Fotos. Il vécut à Paris de 1964 à sa mort, en 2003.

Alécio de Andrade nous plonge au cœur de la vie de quartier du Marais Juif d’il y a presque 40 ans, écrin aujourd’hui envahi par les touristes et où la plupart des enseignes de l’époque ont disparu.

À travers 65 photographies, prises en 1974 et 1975, il nous permet de remonter le temps et de découvrir ce que fut la vie du Pletzl – quartier traditionnel des juifs ashkénazes depuis la fin du XIXe siècle – nous entraînant ainsi à la rencontre de ses habitants.

Jamais intrusif, mais avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, Alécio de Andrade parvient à saisir la beauté de l’instant et l’authenticité des regards, mélange de candeur, de timidité et d’incrédulité.

De la devanture de la boucherie Emouna au numéro 25 de la rue des Rosiers, aujourd’hui une laverie en libre-service, à l’intimité de l’appartement de Rosa Tzewick – rescapée d’Auschwitz et invalide – au 2ème étage du numéro 19, en passant par le petit passage du 7 rue des Ecouffes, aujourd’hui fermé et qui menait à la rue du Trésor, les clichés nous dévoilent tous les petits secrets du quartier.

Et l’on prend un réel plaisir, comme l’on regarderait à travers le trou d’une serrure, à découvrir ces visages et ces rues, souvent arpentées de nos jours, mais où l’authenticité de l’époque fait cruellement défaut.

Alecio-de-Andrade-Rue-Ferdinand-Duval-1975

Quelques photographies font également écho à des événements douloureux, comme celle du restaurant Jo Goldenberg, au numéro 7 de la rue Ferdinand Duval, cible d’un attentat en 1982 et qui fermera des années plus tard, en 2006. Mais aussi à des événements historiques comme le 30ème anniversaire de la libération d’Auschwitz à la synagogue de la Victoire, avec de très beaux portraits de Simone Weil et Ernest Gugenheim.

Ironie du sort, quelques années après ce témoignage d’une époque, Alécio de Andrade s’installera rue des Rosiers (en 1982), au cœur de ce quartier qu’il immortalisa avec tant d’affection.

Rue des Rosiers, le Marais Juif – au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme jusqu’au 6 octobre 2013

 

Visuels : © Alecio de Andrade

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Amelie Eleouet

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