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Hors Pistes, les images confinées du Centre Pompidou

Hors Pistes, les images confinées du Centre Pompidou

08 février 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La seizième édition du Festival Hors Pistes, événement de la saison du Centre Pompidou, se tient finalement en ligne, totalement. Etrange quand son sujet L’écologie des images vient justement penser la production (la pollution) de ce que l’on filme, de ce que l’on montre.

 

Décliner un grand sujet avec la plus grande exigence

Nous avons eu la chance d’entrer, pour de vrai dans l’exposition, enfin, dans ce qui existe de l’exposition. Géraldine Gomez est la programmatrice d’Hors Pistes, elle nous guide et active notre imaginaire. « Des images manquantes » écrit Quignard, et personne ne pouvait penser que cette formule serait si juste. Pour pouvoir offrir aux visiteurs une version numérique, il a fallu monter, un peu Matières d’Images. Alors tout n’est pas monté, seulement quelques œuvres. Pour le reste il faut imaginer.

L’idée fondatrice de Hors Pistes et de s’attaquer à un sujet, vraiment et par différents biais. La parole, l’exposition, les spectacles… Jérôme Bel aurait du créer un spectacle par exemple, il a participé à une table ronde en ligne. Le choix de Géraldine Gomez a été de ne pas proposer un festival en direct, à plusieurs exceptions prés. Tous les soirs à 19h, un film est diffusé sur la plateforme la 25e heure, et tous les jours ont lieu des rencontres comme par exemple aujourd’hui, à 17H30, le Marathon de Marie Rebecchi qui « propose une série d’interventions présentées en alternance avec des séquences audiovisuelles ou performatives. »

 

Beauté et étrangeté

Les artistes choisis par Géraldine Gomez ont tous un rapport à la caméra fascinant et très innovant. Ils utilisent chacun soit des technologies neuves soit des objet à voir neufs. L’ensemble du parcours, qui est libre se partage par thèmes, comme par exemple, « Ce monde qui se révèle », un wall of flame, rempli de vidéos amateures d’incendies. En ville, à la campagne, ça brûle, de façon criminelle ou à cause du réchauffement climatique. Bref, ça déconne.

Là où ça vrille aussi pas mal, ce sont dans les œuvres de Jacques Perconte ou de Lia Giraud. Chez le vidéaste, les montagnes fondent, elles sont troublées par les pixels. Lia Giraud nous embarque elle dans un environnement tout vert : « Présenté comme un « inventaire photographique de l’invisible », Photosynthèse recense les milliers d’objets repêchés dans le port de Marseille entre 2016 et 2020. La révélation processuelle de ces images utilise un procédé dit algægraphique. Des micro-algues, habituellement utilisées comme marqueurs de pollution, se substituent ici au grain d’argent photographique pour dévoiler une image devenue vivante. » A voir, c’est extrêmement performatif, on se noie dans le vert qui donne au lieu une ambiance de bas-fond berlinois, bien loin de Marseille ! 

Regardez, promenez-vous, dans le herbier sublime de Sabrina Ratté. Il est inspiré par textes de Donna J. Haraway, d’Ursula K. Le Guin et de Greg Egan. « La série de vidéos Floralia nous plonge dans un futur spéculatif où des échantillons d’espèces végétales alors disparues sont conservés et exposés dans une salle d’archives virtuelles. » 

L’exposition vous mettra aussi dans la peau d’un rat avec Nicolas Gourault, dans une histoire oubliée d’Italie, réactivée par Michelangelo Frammartino où les habitants deviennent des arbres en fusion totale avec la forêt le temps d’un rituel.

Ainsi regardez l’exposition en ligne ici, participez aux tables rondes et aux performances là.

Et ne ratez pas la programmation folle des films de la 25e heures, attention, les places sont limitées !

Visuel ©Sabrina Ratté Floralia-Autorisation d’utilisation par le service de presse.

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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