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À Aix-en-Provence, L’Hôtel de Caumont fait la part belle aux lumières espagnoles de Joaquín Sorolla

À Aix-en-Provence, L’Hôtel de Caumont fait la part belle aux lumières espagnoles de Joaquín Sorolla

28 août 2020 | PAR Loïs Rekiba

En cet été 2020, l’Hôtel de Caumont met à l’honneur Joaquín Sorolla (1863-1923), l’un des plus grands noms de la peinture espagnole du XXe siècle. On lui doit, grâce à une spontanéité et à une générosité du regard, une des représentations les plus mémorables et lumineuses d’une Espagne pleine de modernité et d’optimisme.

Joaquín Sorolla est, de loin, l’une des références incontournables de la peinture espagnole de la fin du XIXè et du début du XXsiècle. Presque aussi célèbre que ses maîtres, Goya et Velàzquez, l’oeuvre de Sorolla est exposée dans tout ce qu’elle a de raffiné et de de retenue. Sa peinture prend sa source, l’origine de sa puissance évocatrice pourrions-nous même dire, sur une association toute particulière : un naturalisme aux traits raffinés, avec la subtilité des nuances du mouvement Symboliste en plus ! Tel un photographe guidé par une sorte de fièvre impressionniste, il parvient à conférer à la lumière et à la couleur une place centrale, toujours pleine de dynamique et insufflant le sentiment engageant de l’espoir.

 

Luminosité et spontanéité : un geste artistique en propre

En 1900, Sorolla peint cette oeuvre importante qu’il intitule « Fin de journée ». Elle nous a semblé représenter à elle seule le geste artistique en propre du peintre espagnol. Une perspective très moderne avec une attention portée aux détails (les touches de couleurs pastels représentant les reflets de la mer, comme si on y était. La lumière et le naturalisme de la scène dénotent par un trait artistique finement ciselé et cherchant à capter l’instant. Sorolla disait d’ailleurs : « Il faut peindre vite, pour ne rien perdre de ce qu’il y a de fugace, qu’on ne retrouvera plus ».

Sorolla, une volonté de s’inscrire en héritier de la tradition espagnole

Le « fils de Goya et le petit-fils de Velàzquez » -tel qu’avait pu le qualifier l’écrivain espagnol Vincente Blasco Ibañez- est l’un des meilleurs héritiers de la grande tradition picturale de la péninsule ibérique. Par la subtilité de sa touche et la grande luminosité de ses compostions beaucoup ont remarqué à l’époque – et même durant l’exposition, à en croire les messes-basses des spectateurs ébahis par cette similitude artistique durant la visite- que Sorolla avait su tirer de l’oeuvre de Velàzquez tous les apports essentiels à la peinture moderne, en déplaçant l’héritage avec un regard sur le monde qui se distingue et en même temps comparable à un Degas ou à un Manet.
Les portraits de Sorolla parlent d’eux-mêmes. On retrouve, pareil à Velàzquez, l’emploi des couleurs ternes et sobres, typiques de la palette ibérique traditionnelle, avec de l’ocre, du noir et du blanc. Mais Sorolla engage autre chose de plus moderne en introduisant dans ses portraits des nuances de couleurs tout à faits subtiles, et marquant là encore son soucis du détail, et la spontanéité de son trait. Ci-dessous le portrait familial (où l’on note l’auto-représentation du peintre telle qu’a pu le faire Velàzquez avec ses Ménines royales) :

portrait de famille
« Joaquín Soralla, lumières espagnoles » est une exposition aixoise à ne pas manquer. Le fond artistique prêté à L’Hôtel de Caumont vous permettra de découvrir ou de redécouvrir la spontanéité du regard du peintre espagnol qui imprègne toute sa création artistique pleine de lumière et d’attention aux détails, au temps qui passe, à tout ce qu’il y a de plus fugace dans le monde et qu’il s’agit de capter avec une générosité du trait sans précédent. Une sorte de modernité picturale en acte toujours située car cherchant à reproduire l’homme dans son milieu, da façon naturelle et intime.

« Joaquín Soralla, lumières espagnoles », du 10 juillet au 1 novembre 2020, à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence

Visuels :©LoisR

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