Arts

Exposition Mémories de Benjamin Lacombe

Exposition Mémories de Benjamin Lacombe

13 décembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Dans une mise en scène splendide et flamboyante, presque théâtrale, avec rideaux pourpres, vitrail rouge en vitrine, poupées et cadres splendidement travaillés, mêlant tous les styles de l’ancien au moderne, mais privilégiant toujours l’esthétisme, les dessins de Benjamin Lacombe sont en valeur comme jamais.

 

 

 

Benjamin Lacombe porterait mieux son nom s’il s’appelait Latombe. Son goût pour le romantico-macabre, le morbide, le sanglant, le ténébreux, le malsain ressort dans la majorité de ses dessins. Nous lui connaissons pourtant d’autres œuvres en particulier le mérite d’être l’auteur (et non le dessinateur) de l’excellent album Blues Bayou (sorti en 2009 chez Milan jeunesse) avec Daniela Cytrin au dessin, une histoire poétique faite pour donner aux enfants le goût de la musique et de l’amitié. Il sait aussi faire des dessins mignons comme de petits animaux: tortue, singes… pour accompagner le conte de Mimi Barthélémy: Pourquoi la carapace de la tortue…? A moins de trente ans, ce talentueux dessinateur, qui s’est fait connaître depuis cinq ans à peine, est en train de devenir l’un des illustrateurs français les plus célèbres du monde. Pour cette exposition, il a réalisé une vingtaine de dessins, et de figurines originales avec l’aide de Julien Martinez, en outre de ses planches originales d’albums précédents.

 

 

L’auteur-illustrateur est partout en cette période de fêtes. Il dédicaçait ses ouvrages à la galerie L’art de rien dans le XVIIIème  samedi 10 décembre, il est exposé dans le monde entier, copié, reproduit, sérigraphié, décliné en produits dérivés, adulé des amoureux du fantastique, du poétique et du gothique. Nous découvrons ici en avant-première ses dessins pour Memories ainsi que des  illustrations originales de L’herbier des fées, Blanche-Neige, Les contes macabres, Notre-Dame de Paris et Il était une fois. L’effet des dessins, vus de près,  est saisissant, les couleurs flamboyantes, les contrastes entre le rouge et le noir contribuent à créer un monde inquiétant, surnaturel et menaçant dans lequel les personnages  comme Mary et Ann, les poupées dans la vitrine de l’exposition, nous séduisent et nous font peur tout à la fois. Les regards des personnages sont glacés, ils nous fixent d’un air dur ou se dérobent, diffusant une impression de vie fantomatique, surnaturelle. Ils semblent comme possédés par des démons. Ce monde a un aspect victorien: il en a la froideur et la rigidité mais le feu se distille sous la glace comme sur la couverture du Blanche-Neige que l’illustrateur a faite.

Attraction et répulsion, fascination et crainte, tels sont les sentiments que font naître ces travaux. Le costume de la jeune fille du vitrail: habits au col monté, noirs et croix contribuent aussi à cette impression qui explique le succès du dessinateur auprès des gothiques.

Benjamin Lacombe a lui-même tout mis en scène, retournant l’espace, le personnalisant à son image dans un style très éloigné des expositions habituelles de planches de bande dessinée dans la galerie Daniel Maghen. Ici, nous nous sentons partir dans un autre monde presque nécrophilique, cadavérique, teinté d’humour noir. Glaçante et fascinante, cette nouvelle exposition empoisonne lentement l’esprit, nous habitant et nous faisant frissonner l’échine. Le parcours évoque une entrée dans un cimetière romantique, une visite nocturne au père Lachaise.

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