Arts
William Morris à la Piscine

William Morris à la Piscine

05 septembre 2022 | PAR Nicolas Villodre

Vient d’être officiellement annoncée, dans la salle Turner du British Council de Paris, une très importante exposition consacrée à William Morris, qui sera présentée par La Piscine de Roubaix du 8 octobre en cours au 8 janvier 2023 dans le cadre d’un Automne anglais.

Arts & Crafts

William Morris, artiste et théoricien visionnaire, concepteur et praticien de ce qu’on a nommé par la suite les Arts & Crafts, autrement dit les arts appliqués, à la portée de tous ou presque, et de quasiment toutes les bourses, pionnier écolo, socialiste, anarchiste, adepte avant l’heure de la décroissance en matière industrielle, designer, écrivain, poète, peintre, n’avait jamais été mis en lumière dans notre pays et va l’être à Roubaix, la « Manchester du Nord de la France ». Brexit ou pas, les échanges culturels et artistiques entre le Grande Bretagne et la France n’ont heureusement pas cessé et se poursuivent de nos jours imperturbablement, sur un tempo qui n’a certes rien de frénétique, mais rien de flegmatique non plus. 

La directrice du British Council, Anne Duncan, au patronyme illustre, a rappelé que son établissement ne se limite pas à l’éducation ou à l’apprentissage de la langue mais s’intéresse aux échanges franco-britanniques concernant l’art et à la culture. Nous avons autrefois assisté, rue de Constantine – ce devait être à la fin des années 70 – à des séances de cinéma expérimental programmées ou présentées par David Wharry et Deke Dusinberre. Londres a accueilli récemment une prestigieuse manifestation de danse initiée par la maison française Van Cleef & Arpels, Fin septembre, se tiendra la 33e édition du festival du film britannique de Dinard, peu de temps avant l’événement roubaisien. L’adjoint à la Culture de Roubaix, Frédéric Minard et la commissaire de l’exposition, Sylvette Botella-Gaudichon, nous ont apporté d’utiles précisions.

Noblesse oblige

Roubaix, ville jumelée à Bradford City, a eu tendance à copier l’industrie textile pour le pire et, parfois aussi, pour le meilleur – en ce qui concerne par exemple la prévention des incendies prise en compte dans les usines en Angleterre avant la France. Les industriels hexagonaux envoyaient leurs fils outre-Manche pour y effectuer des stages de longue durée et y apprendre les techniques up to date de production et de management. Certains Roubaisiens se souviennent encore du passage de la reine Elisabeth II dans leur ville, en 1957, et de sa visite à la filature de laine qui traitait le résultat de la tonte de 15 millions de moutons par an!

A été question de la Maison rouge de William Morris, petit phalanstère bâti, agencé, meublé, décoré par de bons artisans, pas forcément les meilleurs, travaillant dans l’esprit des guildes médiévales, autrement dit de façon anonyme, avant que les egos des « artistes » de la Renaissance s’expriment aussi par leur nom ou leur signature de l’œuvre. Cette éthique, sinon cette esthétique se voulait intemporelle (comme celle des Préraphaélites) mais innovait socialement et politiquement. Elle a été qualifiée de « victorienne » sans doute pour son côté rétro valorisant la fonction de l’objet plutôt que son aspect clinquant. Walter Gropius, sans le reconnaître, s’est inspiré de la révolution représentée par les Arts & Crafts et Frank Lloyd Wright s’est référé clairement à l’apport de William Morris. Un conseil de celui-ci pour conclure : « N’ayez chez vous rien qui ne soit utile ou que vous ne jugiez beau. »

Visuel : William Morris par Abel Lewis (1880), platinotype de James Edward Bruton de la collection du National Portrait Gallery de Londres, orné d’un dessin de Morris imprimé vers 1876 par Jeffrey & Cie.

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Nicolas Villodre

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