Architecture
Les projets pharaoniques des JO de Sotchi

Les projets pharaoniques des JO de Sotchi

07 février 2014 | PAR Marie Boscher

Aujourd’hui s’ouvrent les XXIIèmes Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, en Russie. De nombreuses affaires ont apporté une aura négative à ces JO controversés. Le projet est incontestablement lié à Vladimir Poutine qui en a fait un outil de glorification personnelle. En témoigne la libération de prisonniers politiques comme les membres des Pussy Riot ou de Greenpeace. Toutefois, la liberté d’expression a parfois été mise à mal avec la quasi-absence de communication sur les dégâts écologiques et humains et les pressions effectuées sur des journalistes. C’est la première fois qu’une ville russe accueille les JO et pour l’occasion, la station thermale a été l’objet de grands travaux pour héberger les athlètes ainsi que les touristes et les épreuves qui se dérouleront jusqu’au 23 février prochain. Avec plus de 50 milliards de dollars alloués à la préparation de Sotchi, les Jeux Olympiques d’hiver 2014 ont atteint un record de budget. Oublions les polémiques et regardons les projets pharaoniques mis en place à cette occasion.

Les spécificités de Sotchi

Le budget colossal engagé pour la préparation de la ville s’explique déjà par la situation géographique de Sotchi. Enclavée entre mer et montagne, la géographie capricieuse de la région a obligé les bâtisseurs a utiliser des moyens titanesques. Avant les travaux, Sotchi ne disposait que d’un très petit domaine skiable accessible par une unique route. De plus, les organisateurs ne pouvaient garantir l’enneigement suffisant de la station : il a donc fallu entasser  plus de 700 000 m3 de neige durant l’année 2013 et les protéger par des bâches spécialement conçues. A cela s’ajoutent 200 kilomètres de voies ferrées, 400 kilomètres de routes, un aéroport, deux gares, etc. La ville a un système d’évacuation des eaux usées saturé que les constructeurs ont également du moderniser, malgré quelques couacs comme ont pu le constater les journalistes dépêchés sur place pour la cérémonie d’ouverture.
Malgré ces problèmes, la ville de Sotchi n’a pas été choisie par hasard. L’organisation des Jeux Olympiques va permettre de désenclaver la région et d’écarter les terroristes qui y sévissent depuis les deux guerres avec la Tchétchénie.

Tour d’horizon des grands projets architecturaux qui ont marqué ces XXIIèmes Jeux Olympiques d’hiver.

Le palais de glace « Bolshoï »

Avec une capacité de 12 000 places, le palais de glace Bolshoï (« grand » en russe) accueillera les épreuves de hockey sur glace. Construit sur le modèle du Grand théâtre national de Pékin réalisé par Paul Andreu, il s’inspire des œufs Fabergé, ces pièces d’orfèvrerie rendus célèbres par les tsars. Muni d’un système extérieur de LED, le dôme s’illuminera de couleurs chatoyantes en fonction des événements. A l’intérieur, des sièges en tissus et un écran à 360 degrés rendront l’expérience olympique fort agréable pour les spectateurs.

Le palais de patinage « Iceberg »

15 000 tonnes d’acier, 20 000 m3 de béton et quelque 2290 pieux, le tout pour une structure capable de résister à des séismes de magnitude 9. Le palais Iceberg a été conçue pour maintenir une température idéale pour les épreuves de patinage artistique et de patinage de vitesse qu’il accueillera. Pensé au départ comme un équipement mobile qui aurait du être déplacé à la fin des JO, il restera finalement à Sotchi où il devrait être transformé en vélodrome. Il peut recevoir jusqu’à 12000 spectateurs. A l’extérieur, une façade de verre reflète un camaïeu de bleus qui varie en fonction des heures de la journée.

L’arène « Shaïba »

Comme le palais Bolshoï, l’arène Shaïba accueillera le hockey sur glace pour les Jeux Olympiques mais aussi pour les Jeux Paralympiques qui se tiendront du 7 au 14 mars. Il s’inspire de la forme d’un palet d’où il tient son nom, « shaïba » signifiant « palet » en russe. La forme du palais et les décorations de la façade rappellent en effet la forme de l’accessoire des hockeyeurs.

Le centre de curling « Ice Cube »

Pour accueillir les épreuves de curling, les organisateurs des Jeux de Sotchi ont imaginé un bâtiment simple à la structure démontable. Il sera déplacé dans une autre ville du pays après les JO. De forme légèrement cylindrique, sa façade rappelle celle d’un hangar.

Le village olympique

Construit à seulement quelques mètres des installations sportives, le village olympique a été pensé pour que les athlètes ne souffrent pas de trop de déplacements ou d’inconfort. Au vu des réactions sur les réseaux sociaux, les concernés semblent plutôt satisfaits des locaux qui leur ont été attribués et s’amusent des quelques fausses notes.

Les infrastructures spécialement construites pour les JO n’auront pas généré des dépenses faramineuses en vain. En effet, la Russie avait avancé comme argument lors de la sélection des villes en 2005 qu’elle comptait les réutiliser par la suite. Ainsi, elles accueilleront le sommet du G8 en juin, une compétition de Formule 1 à l’automne et des matchs de la Coupe du Monde de Football en 2018.

Visuels : © Sochi.ru

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Marie Boscher

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