Architecture
Le nouveau pôle des archives nationales…à Pierrefitte

Le nouveau pôle des archives nationales…à Pierrefitte

22 janvier 2013 | PAR Sandra Bernard

Les étagères des archives nationales débordent à l’Hôtel de Soubise, mais pas de panique, une nouvelle antenne vient d’ouvrir ses portes au public. Vendredi 18 janvier a eu lieu la présentation du nouveau bâtiment des archives nationales. Situé au bout de la ligne 13 du métro, sur un grand terrain à Pierrefitte-sur-Seine, le nouveau et vaste bâtiment se veut facilement accessible aux chercheurs et aux particuliers. Il va accueillir la quasi totalité des archives de la République, pour la période allant de 1789 à nos jours, dans une architecture innovante et adaptée, basée sur le verre, le métal et l’eau, lui conférant son esthétique si particulière.

Les contraintes de conservation des documents d’archives

La construction de ce nouveau bâtiment répond à la nécessité de conserver les archives de la Nation dans les meilleures conditions possibles. Le bâtiment central est un Immeuble Grande Hauteur (IGH) de huit étages dans lesquels se trouvent les réserves, les ateliers de restauration totalement équipés à neuf, le service photographique, le département de la conservation, les pôles techniques… Les documents papiers en particulier, mais cela est vrai également pour les autres supports, sont très sensibles aux changements de température, aux inondations, aux incendies, mais également à la poussière et aux moisissures. Aussi les contraintes techniques présidant à leur stockage sont très techniques et complexes. Des études ont été menées dans des archives du monde entier pour sélectionner les procédés les plus intéressants.

Chaque réserve est dotée d’un système de renouvellement permanent de l’air pour éviter le développement de germes. Entre chaque réserve, les murs peuvent résister près de 4h aux flammes et la détection incendie, l’une des plus modernes du genre diffuse un brouillard d’eau refroidissant immédiatement l’atmosphère et beaucoup moins dommageable aux oeuvres. En effet, lors d’un incendie, la majorité des dégâts est souvent dû au déclenchement des extincteurs automatiques.

Une partie des documents conservés dans les locaux parisiens (inondables) va être transférée ici afin de mieux en garantir la sécurité. Enfin, la stabilité de l’ensemble est assurée par des matériaux à haute performance aux contraintes (les sols sont prévus pour soutenir jusqu’à une tonne au m²) et à l’architecture compacte assurant une bonne emprise au sol. Lors du déménagement, tous les documents ont été dépoussiérés et se sont vus apposer un code barre. Les archives les plus anciennes, paradoxalement moins fragiles, vont rester dans le bâtiment parisien.

Un bâtiment éco-responsable

La volonté de créer un bâtiment compact répond également à des préoccupations environnementales. Contrairement à l’habitude, la température n’est pas constante, mais prévue pour varier lentement dans le temps, en fonction de la température extérieure. Le système de renouvèlement de l’air est également économe tout en restant à la pointe de la technologie. Des gaines micro-perforées spéciales ont été installées permettant un meilleur brassage de l’air et évitant les zones de dépôt. On passe ainsi d’un renouvellement recommandé de 3 volumes d’air par heure à 1,5 volume d’air par heure pour la même efficacité. Un volume d’air correspond à la quantité d’air contenu dans la pièce, 3 volumes d’air par heure signifient que l’ensemble de l’air contenu dans la pièce est renouvelé 3 fois en une heure. La proximité des différents services et leur équipement moderne permet également de diminuer les déplacements.

Un lieu accessible, accueillant et polyvalent

La salle de lecture de 160 places dispose d’un mobilier spécialement conçu pour l’occasion. Les tables sont grandes et équipées de la connectivité nécessaire à l’utilisation d’un ordinateur portable (prise électrique et internet). Les sièges ont été étudiés pour être parfaitement ergonomiques. la salle est à la fois lumineuse et bien isolée du bruit (ce qui n’est pas un mal vu le ballet incessant des avions en partance ou à destination de Roissy). L’ensemble des outils de la recherche est en passe d’être numérisé pour plus de confort dans la recherche. Il sera également possible de réserver des documents sur internet pour le lendemain, comme cela se pratique déjà dans de nombreuses bibliothèques. A noter, chaque place de lecteur disposera d’un petit chariot pour transporter plus aisément les documents de la zone de retrait à la zone de consultation.


Une partie des infrastructures sera accessible sans la carte de lecteur. Pour se restaurer, les lecteurs auront le choix entre la restauration légère sur place ou bien, ils pourront se rendre au restaurant universitaire situé à proximité. Outre la salle de lecture, les archives disposent dans des bâtiments satellites, d’une salle de repos et d’une salle d’exposition.

A noter, le revêtement extérieur, avec ses poutrelles métalliques en forme de losanges, se fait très discret une fois à l’intérieur, contrairement à ce que l’on aurait pu penser de prime abord. La structure de béton est entièrement recouverte de panneaux d’aluminium amovibles donnant un aspect écailleux sur lequel joue la lumière. L’espace entre les bâtiments est occupé par de grands bassins d’eau dans lesquels se reflètent les façades. Enfin, une bonne partie de la construction est dotée de grandes baies vitrées laissant admirer le paysage, avec son jardin et ses sculptures.

Pour conclure, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, le nouveau site est plus facile d’accès que celui de Fontainebleau. Les salles de lecture, de consultation des catalogues, d’exposition ou de repos sont toutes de plein pied. Les vestiaires sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les allées entre les tables permettent également la circulation de plusieurs personnes et le passage d’un fauteuil roulant. La proximité de l’université Paris VIII-Vincennes est également un point positif. Les étudiants et les chercheurs seront plus nombreux à fréquenter les lieux et les échanges seront facilités. Voilà de quoi faire taire les polémiques qui voyaient d’un mauvais oeil ce déménagement.

Visuel : (c) Sandra Bernard

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

One thought on “Le nouveau pôle des archives nationales…à Pierrefitte”

Commentaire(s)

  • Une fois ԁe plus un ρoste assurément passionnant

    décembre 10, 2013 at 13 h 15 min

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