Arts
Antoine Bourdelle…Que du dessin

Antoine Bourdelle…Que du dessin

26 novembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

 

Il ne faut pas prendre le « que du dessin » ici comme l’idée que peu de choses  sont exposées au public car, tout au contraire, les œuvres présentées sont des plus riches en qualité comme en quantité et des plus diversifiées, le dessin étant le point de départ des créations de Bourdelle, nous dirions plutôt après avoir vu l’exposition : « Que de dessins ! ».

Le dessin est la base de la création de tout peintre ou sculpteur, il lui permet également de se différencier, de créer sa patte, d’exprimer son identité artistique. Pour Bourdelle, dessiner était fondamental. C’est pourquoi lui rendre hommage à l’occasion des cent cinquante ans de sa naissance en exposant ses dessins coulait sous le sens, en sélectionner deux cents triés sur quelques six mille deux cents feuilles à peine finies d’être inventoriées, a été beaucoup plus complexe. Mais nous pouvons dire que c’est une grande réussite, l’exposition présente un large éventail des dons de l’artiste et nous permet aussi de voir des travaux inédits.

Le dessin était la première étape du travail du célèbre artiste mais il est aussi pour lui un plaisir à l’état pur dans lequel il utilise tous les outils mis à sa disposition : crayon, fusain, encre, aquarelle… Comme beaucoup d’autres créateurs, Bourdelle a su dessiner en copiant. Nous découvrons ici ses influences telles que Gustave Doré dont il a repris les dessins pour L’Enfer de Dante. La réalité est également son meilleur fil conducteur : il reproduit le réel, les personnes qu’il connait, qu’il admire, travaille sur les murs et les façades des monuments. Perfectionniste, Bourdelle ne cessera de relever de nouveaux défis. La frise chronologique de sa vie, dans la seconde salle, montre son opiniâtreté à apprendre et à créer mais aussi à transmettre son savoir. Ses dessins, parfois sulfureux, sont empreints d’une grande sensualité, il est passionné tant par la nature humaine que par les paysages. Il tente aussi de capturer le mouvement, en dessinant Isadora Duncan en train de danser, par exemple. Dès que son coup de crayon se précise, le rendu réaliste est magnifique quel que soit le sujet de son étude : qu’il s’agisse d’une tête, d’une silhouette d’homme ou d’un cochon. L’artiste a l’art d’immortaliser les attitudes et les postures. Il excelle à rendre parfaitement les détails qui attirent son attention que ce soit l’œil d’un cheval ou sa selle. L’homme touche autant que l’artiste par l’amour qu’il manifeste à sa famille. Un créateur moderne tant par ses dessins tantôt esquissés tantôt parachevés  que par ses vies de couple bohèmes. Ses dessins érotiques étaient jusqu’alors méconnus, c’est une surprise intéressante de découvrir le libre cours donné à la sensualité par l’artiste dans des travaux réalisés pour son seul plaisir. Nous admirons aussi un magnifique marteau de porte  qui prend la forme d’une tête de Gorgone, effrayante dans ses moindres détails.

Pour clore la visite de l’exposition, ses œuvres les plus immenses et les reconnues, celles qui mettent en évidence l’importance nationale de Bourdelle et son patriotisme : les monuments aux morts ainsi que le bas-relief du théâtre des Champs-Elysées. Au centre de cette salle, des dessins préparatoires et les sculptures achevées qui y correspondent. Les œuvres de Bourdelle exposées dans le jardin nous font nous sentir tout petits face à leur immensité.Devant ses dessins, nous nous sentons plus humains, compris, une réalité transparait, magnifiée par les coups de crayon, un éblouissement pour l’œil.

Catalogue : The Wyeths Trois générations d’artistes américains
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Sandrine et Igor Weislinger

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