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Jean-Luc Verna inaugure le Week-end de l’Art Contemporain de Toulouse

Jean-Luc Verna inaugure le Week-end de l’Art Contemporain de Toulouse

31 mai 2018 | PAR Aurore Garot

Le Week-End de l’Art Contemporain de Toulouse et sa métropole organisé par PinkPong du 30 mai au 3 juin, a invité pour son inauguration au Museum d’Histoire Naturelle, un artiste atypique sur tous les plans : Jean-Luc Verna.

L’artiste marginal aux multiples facettes est venu présenter lors d’une conférence ses dessins d’oiseaux, exposés à l’occasion, et sa musique new wave lors d’un concert en fin de soirée.

Jean-Luc Verna : une oeuvre originale…

Jean Luc Verna est un artiste inclassable. Plasticien, chanteur, photographe, chorégraphe, danseur, acteur…Il se promène dans les différents domaines d’expression artistique, en marge de la mode, des styles, des groupes. Il dessinait alors que cela n’intéresser par encore les marchés et foires de l’art, il vit dans son atelier de 22m², et après avoir dessiné des centaures et des fées à l’époque où ça n’était pas à la mode, après avoir photographié des corps (notamment le sien), ce sont les oiseaux qui l’intéresse. Une manière de faire « une pause avec le corps humain » et de dessiner « ce qui est boudé par la mode ». Sur tissu ou papier, photocopiés puis transférés d’une feuille à l’autre grâce à un solvant toxique puis sublimés par du maquillage, « matériau de la fiction » mais aussi par des bijoux, des plumes ou autres parures, ses oiseaux sont à l’image de l’artiste : mélancolique, punk, hors-norme. «Ce sont les portraits de mes contemporains et de leurs vicissitudes » selon lui.

…Un corps artistique…

Son corps même est une œuvre d’art à part entière. Tatoué de la tête au pied, son enveloppe corporelle est un « dessin qu’il est possible de corriger » dit-il. Se définissant comme une « image qui bouge », l’artiste voulait changer « ce corps qui ne [l]’a pas plu », qui est passé par l’anorexie, le surpoids, la drogue, les tentatives de suicide, la prostitution, les stéroïdes… Un corps aujourd’hui vieillissant qu’il veut cacher « sous une voilette d’encre » et qu’il met en scène dans des photographies mélangeant histoire de l’art et histoire punk.

…Une personnalité hors-norme

Jean-Luc Verna est aussi un personnage atypique. Avec son humour, son comportement et ses quelques geste de drag queen, l’écouter en conférence, c’est assister à un sketch, entendre des punchlines comme « je n’ai pas de pudeur, je la laisse à ceux qui n’ont que ça », et entrer dans sa vie aussi personnelle que professionnel. « je n’ai rien à cacher » déclare-t-il. Ouvertement homosexuel, il a fui sa famille moitié juive (non pratiquante), moitié catholique (pratiquante) à l’âge de 15 ans ; « j’étais enfant de cœur, on a vu ce que ça a donné ! » Plaisante-t-il. Prostitué dans sa jeunesse, il se moque aujourd’hui du personnel de l’église qu’il a côtoyé enfant et qui le payait pour ses services, adolescent. Son homosexualité ne définit pas pour autant son art : « être gay n’en fait pas mon métier, je ne fais pas de l’« art gay » ».

Sur scène, il est une diva au manteau noir à paillettes qu’il a lui-même confectionné, rouge à lèvre rouge à paillettes, tenue moulante noire et bottes punk… Un spectacle à lui tout seul. Sa musique new wave où batterie, synthé, clavier et guitare se mélangent reste cependant peu convaincante car peu travaillée. En essayant de tirer sa voix vers le grave, le chanteur se laisse peu de possibilités de variations vocales. Les rythmes, les tons varient peu, le son devient malheureusement insipide…Au point que certains spectateurs discutaient tranquillement pendant son concert dans le halle du Museum d’histoire naturelle de Toulouse.

Visuels : ©Aurore Garot ©WikiCommons

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