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World Press Photo: Giovanni Troilo perd son prix

World Press Photo: Giovanni Troilo perd son prix

06 mars 2015 | PAR Constance Delamarre

Le 12 février dernier, le photographe italien Giovanni Troilo remportait le premier prix du célèbre concours annuel de photojournalisme, World Press Photo, dans la catégorie « Problématiques contemporaines ». Mais il y a deux jours, le 4 mars, son prix lui a été retiré. Explications.

La série de photographies de Giovanni Troilo, intitulée The Dark Heart of Europe, dresse un sombre portrait de Charleroi. La ville belge est dépeinte fragilisée par la pauvreté et rongée par la désindustrialisation, et quant à ses habitants, ils sont montrés dans des situations comme des personnes malades ou perverses. Le maire de Charleroi Paul Magnette, aurait ainsi adressé un courrier aux administrateurs du fameux concours, selon l’article d’Edouard de Mareschal dans Le Figaro, pour dénoncer le préjudice porté à la ville par cette altération de la réalité. Malgré cette critique, le prix a été maintenu.

Mais, rebondissements dans l’histoire, le World Press Photo a appris depuis qu’une des photographies n’aurait pas été prise à Charleroi comme indiqué, mais à Molenbeek, une commune de Bruxelles. Cette fausse information constitue une violation des règles du concours. Il s’agit de la photographie illustrant une scène de cannibalisme, qui serait en fait une mise en scène de modèles vivants dans l’atelier d’un peintre. Le terme est ainsi dit, « mise en scène », et vient questionner le sens même de ce concours de photojournalisme. Il serait aussi question que de nombreux personnages présents dans la série de Giovanni Troilo soient de sa famille, comme le rapporte le journaliste du Figaro. Jusqu’où un reportage peut-il être modifié et même, est-ce qu’il peut l’être ? La série de Giovanni Troilo a été retirée du site de World Press Photo.

Traditionnellement exposés à Perpignan lors du festival de photojournalisme Visa pour l’image, les lauréats des différentes catégories du World Press Photo ne le seront pas cette année. Jean-François Leroy, directeur du festival et partenaire depuis 1994 avec le concours, déplore cette histoire malhonnête et demande que débat soit fait.

Visuel: capture d’écran Twitter

 

 

 

 

 

 

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Constance Delamarre

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