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La troisième édition du Festival des Nouvelles Explorations explore « La Fabrique des intelligences »

La troisième édition du Festival des Nouvelles Explorations explore « La Fabrique des intelligences »

03 octobre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 3 au 7 octobre se tiendra à Royan la troisième édition du Festival des Nouvelles Explorations, avec pour thème la Fabrique des Intelligences. Rencontre avec Bettina Laville, fondatrice du festival.

Comment est né Le Festival des Nouvelles Explorations ?

Le Festival des Nouvelles explorations est d’abord né d’une idée, à savoir que notre époque ressemblait beaucoup à l’époque des explorateurs du XVème siècle lorsqu’ils partaient pour de grandes expéditions pour découvrir des continents, mais pas forcément ceux qu’ils cherchaient. Ainsi Christophe Colomb a découvert le continent Américain en cherchant le continent Indien. Ils trouvaient d’autre part de nouveaux produits, de nouvelles espèces, et également des peuples nouveaux. Toutes ces découvertes ont transformé l’Europe et en ont fait la première puissance mondiale pendant cinq siècles : Et nous, quelle civilisation allons nous fonder avec ce saut technologique ? Un humanisme nouveau ?

Grâce aux avancées de la science et du produit de l’intelligence humaine, nous avons dépassé nos limites et nous ne savons pas du tout ce que ce dépassement des limites va nous apporter. Il peut nous apporter le meilleur : en médecine par exemple, il nous permet de soulager les souffrances ; on voyage également beaucoup plus vite et donc on découvre beaucoup plus le monde, mais en même temps on a dépassé ce qu’on appelle les limites de la Terre, c’est à dire ce que la Terre peut supporter, comme le montre notamment les problèmes d’environnement que nous connaissons.

Ce Festival s’est posé à Royan, d’abord pour des raisons personnelles car j’y ai un attachement particulier, et d’autre part parce que le député maire de l’époque – Didier Quentin – a été très séduit par l’idée. Nous avons espoir que ce Festival soit emblématique de la Ville de Royan, qui elle-même a été une ville d’où sont partis de grands explorateurs, comme Pierre Dugua de Mons.

Il semble tourné vers l’avenir dans un contexte actuel de questionnement sur le climat, comment est construit le programme ?

Pour la première fois, nous avons choisi une problématique, celle de la Fabrique des Intelligences – pour rythmer notre programme. Les deux précédentes éditions, nous ouvrions tous azimuts sur les nouvelles explorations.

Pourquoi les intelligences ? Parce que cette année est l’année du rapport Villani, premièrement.
C’est donc l’année où tout le monde se pose la question de l’intelligence artificielle et surtout la question de sa rivalité avec l’intelligence humaine. Par ailleurs, plusieurs découvertes, en particulier en matière biologiques, nous montrent à quel point il y a d’autres intelligences dans l’univers : l’intelligence des animaux, l’intelligence des plantes, des arbres. Aujourd’hui, il y a toute sorte de parutions sur une sorte d’intelligence naturelle des végétaux, et en particulier avec cette qualité d’adaptation qui est le propre de l’intelligence.

Par ailleurs nous nous poserons la question – particulièrement lors de la soirée de clôture – de savoir si nous sommes assez intelligents pour sauver le monde, autrement dit : cette intelligence est-elle uniquement tournée vers la puissance et la domination, au point d’abîmer ce que les indiens appellent notre terre mère, la terre nourricière ; ou bien sommes nous capables de transformer toutes nos découvertes techniques et scientifiques pour essayer de rétablir un climat viable sur la planète ? C’est la grande interrogation de notre siècle.

 Du point de vue 100% culturel, quels films vont être projetés ?

Nous projetterons trois films lors du Festival. Le premier, lors de la soirée d’ouverture, est celui de Thomas Pesquet, 16 levers de soleil, qui sort en salle le jour même.

Deux séances auront également lieu le Dimanche 7 Octobre, en partenariat avec l’association culturelle CRÉA de Saint-Georges de Didonne.

On a 20 ans pour changer le monde, d’Hélène Médigue, nous rappelle que tout commence par la terre qui nous nourrit. Le constat est là : 60 % des sols sont morts, et le mode de production actuel ne nourrit pas la planète. Mais des hommes et des femmes relèvent le défi et démontrent que l’on peut se passer des pesticides et des intrants chimiques pour toute notre alimentation. Grâce à leur énergie communicative qui bouscule les discours et les habitudes, un autre monde est possible !

Grande-Synthe, de Béatrice Camurat Jaud, sera diffusé ensuite en avant première. Crise migratoire, pollution industrielle, chômage record : la ville de Grande-Synthe (59) est un concentré de crises auxquelles l’ensemble de l’humanité devra bientôt faire face. Pourtant, sous l’impulsion du maire Damien Carême, citoyens, associations et pouvoirs publics se remontent les manches pour trouver des solutions avec enthousiasme et humanisme. La ville de Grande-Synthe, aujourd’hui en pointe sur les questions de transition écologique, devient un vrai laboratoire du futur. Béatrice Camurat Jaud, réalisatrice de ce film documentaire, nous offre un regard sans détour sur les femmes et les hommes œuvrant pour une transition vers un avenir meilleur.

Pourquoi ces deux films ?
L’un est sorti en avril dernier, et l’autre sortira officiellement le 10 octobre. Chacun aborde à sa façon de grandes questions auxquelles l’humanité est actuellement confrontée : Quelles solutions créatives face aux crises qui semblent s’enchaîner ? Et comment amorcer la nécessaire transition qui nous mettra en harmonie avec le nature ? Les deux films se basent sur un diptyque constats (alarmants)/solutions (innovantes), ce qui pourrait nous rassurer, ce qui devrait nous amener à ouvrir les yeux, et trouver confiance et énergie pour mettre en oeuvre les meilleures solutions pour demain. Le lien avec le festival tient au rapport à l’intelligence de la transition, car il s’agit d’observer la fabrique de nouvelles intelligences collectives, et les nombreux bénéfices secondaires (lien social, convivialité, solidarité, …) que les êtres humains peuvent en tirer.

 Avez vous envie d’interroger les Intelligences Artificielles ? Et si oui, comment ( avec quels intervenants, quels formats..)
Nous avons la chance de recevoir Laurence Devillers et David Sadek, deux experts internationaux de très haut niveau sur l’intelligence artificielle. Lors de la soirée du jeudi soir nous mettrons l’IA en perspective. Plusieurs spécialistes nous expliqueront – ce qui est assez vertigineux – que non seulement les robots peuvent rivaliser avec l’intelligence humaine mais qu’un plus ils peuvent ressentir. On dit beaucoup que les robots sont des machines froides, mais ce n’est pas toujours vrai : on sait parfaitement que la sensibilité passe par le cerveau, et qu’à partir du moment où on peut dupliquer le cerveau humain, la machine peut avoir une intelligence émotionnelle. Je crois que c’est la grande question de l’intelligence « artificielle-naturelle. » Le problème du libre arbitre humain reste cependant entier…

Le Festival étant ouvert à tous, petits et grands, curieux ou spécialistes – nous proposons également le samedi après midi plusieurs ateliers à effectuer en famille autour de ces questions scientifiques et de robotiques.

Informations pratiques :
Festival des Nouvelles Explorations – 3ème édition, la Fabrique des Intelligences

Du 3 au 7 Octobre au Palais des Congrès de Royan et au cinéma Le Lido (Dimanche)

Réservations

nouvellesexplorations.com

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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