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La Fabrique du Luxe : une exposition pour érudits

La Fabrique du Luxe : une exposition pour érudits

03 octobre 2018 | PAR Sophia Le Bon

Le musée Cognacq Jay est le théâtre d’une exposition consacrée aux marchands merciers parisiens dont le savoir-faire, entre négociant, importateur, collecteur, désigner et décorateur va contribuer à la La Fabrique du Luxe au XVIIIème siècle, présageant du métier que contribuera à rendre célèbre Ernest Cognacq et son épouse Marie-Louise Jay, fondateurs des grands magasins, La Samaritaine.

Un métier pluridisciplinaire à l’affut des tendances

Explorant les origines du métier à travers un parcours mêlant objets, tableaux et textes, l’exposition raconte l’histoire de l’une des corporations parisiennes les plus importantes au XVIIIe siècle et son rôle majeur dans l’essor de l’industrie du luxe à cette époque.

Les marchands merciers se trouvaient au cœur d’un réseau à trois pôles : le commanditaire, l’artisan ou artiste et, phénomène nouveau, la « mode ». Le mercier pouvait ainsi intervenir comme négociant, expert, concepteur, décorateur ou antiquaire. Ses services couvraient l’achat, le transport et la livraison, mais aussi le nettoyage d’objets précieux et la restauration. Aussi, pour se faire connaître et agrandir leurs réseaux, ils développent les mécanismes de la promotion publicitaire, avec le concours de dessinateurs anonymes ou d’artistes comme Boucher ou Watteau.

Connaissez-vous les noms Hébert ou Duvaux?

Thomas-Joachim Hébert était l’un des merciers les plus importants de sa génération. Il faisait réaliser trumeaux, porcelaines et chinoiseries montées ou mobilier combinant des techniques multiples et était ainsi l’un des premiers à imaginer d’associer des panneaux de laque orientale à des meubles. Des formes de la manufacture de porcelaine de Vincennes/Sèvres, qu’il soutint financièrement, portent encore son nom.

Quant à Lazare Duvaux, entre 1748 et 1758, il loua une boutique appartenant à Hébert, rue Saint-Honoré, à l’enseigne du Chagrin de Turquie. Les porcelaines importées d’Orient et de Saxe, ou produites par la jeune manufacture de porcelaine de Vincennes transférée à Sèvres en 1756, figuraient parmi les marchandises prisées dans sa boutique qui procuraient également des meubles et des laques. La réputation internationale de Duvaux s’appuyait sur une clientèle fidèle et des expositions de prestige comme celles des services commandés par le roi.

Une scénographie (trop) foisonnante

A travers la scénographie, l’exposition veut évoquer le foisonnement des projets de décors intérieurs parisiens du XVIIIe siècle et les caractéristiques de cette profession particulière. L’exposition proposée par le musée Cognacq-Jay adopte plutôt une démarche érudite, d’Encyclopédiste qui planche par planche, dresse avec minutie une image d’un métier dans sa vérité historique, quitte parfois à perdre le visiteur dans la richesse et la densité du parcours qui lui est proposé.

Visuels: © Musée Cognacq-Jay/Roger-Viollet; RMN-GP (Musée du Louvre)

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Sophia Le Bon

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