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Tournages, répétitions, enregistrements… La Culture pas totalement à l’arrêt

Tournages, répétitions, enregistrements… La Culture pas totalement à l’arrêt

30 octobre 2020 | PAR Eliaz Ait Seddik

L’annonce d’un confinement national par le Président Emmanuel Macron mercredi soir, marque un nouveau coup d’arrêt pour le secteur de la culture qui s’ajustait tant bien que mal au couvre-feu. Aujourd’hui, Jean Castex a apporté de nouvelles informations dans son allocution et des perspectives pour l’avenir du secteur culturel. 

Plus de salles de spectacles, de cinémas, de librairies, de bibliothèques… pendant 4 semaines, c’est le monde dans lequel nous a plongé l’annonce d’un reconfinement par Emmanuel Macron, afin, espère le gouvernement, d’enrailler l’épidémie qui a doublé en une semaine. Cependant, certains déplorent l’absence de mots particuliers de la part du Président, pour le milieu de la Culture, qui souffre durablement des mesures successives. Ainsi, dans sa longue allocution, ce dernier parle de « fermeture des lieux accueillant du public », sans s’appesantir sur la manière dont le milieu culturel est particulièrement caractérisé et impacté par cette désignation. On peut ainsi retrouver, par exemple, cette amertume dans les propos de Nicolas Maury, qui venait de sortir son premier film Garçon Chiffon cette semaine, où il évoque d’un ton amer, l’absence de mots de la part du Président Macron pour le domaine de la culture : « Pas un mot sur les salles de cinéma, de théâtre, les musées et les librairies […] Le mépris collant et indécollable de cette société du ‘commentaire’, de la ‘communication’ et de la stratégie de vente. »  Tandis que d’autres, comme le distributeur de films Carlotta, regrettent que 7 mois après le premier confinement, les lieux culturels soient toujours considérés comme « non-essentiels ».

Tre?s belle lettre de Jean-Luc Godard a? Henri Langlois. Notre devoir est que les lieux culturels ne s’arre?tent jamais…

Publiée par CarlottaFilms sur Jeudi 29 octobre 2020

Solidarité et perspectives d’avenir 

Dans le monde culturel, bien sur, les mouvements de solidarité et de soutien, se multiplient déjà. On pense ainsi, entre autres, à l’Académie Goncourt qui en soutien aux librairies fermées a décidé de décaler la proclamation du prix Goncourt, qui devait se tenir le mardi 10 novembre, jusqu’à la réouverture de celles-ci.  

Les déclarations du Premier Ministre de ce jeudi, ont bien confirmé la fermeture au public de tous les établissements culturels. Mais, ce dernier a informé que durant le confinement, tout ce qui consiste le « travail préparatoire » : les répétions, les tournages ainsi que les enregistrements, pourraient se poursuivre, afin de construire la culture de « demain ». Si beaucoup de questions et d’inquiétudes restent en suspens, cette mesure permet alors d’entrevoir une touche d’espoir, de perspective pour l’avenir de la création sous toutes ses formes. Ainsi, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, tout en reconnaissant qu’il s’agit « d’un coup de tonnerre d’autant plus cruel [que les acteurs culturels] avaient fait des efforts pour s’adapter au couvre-feu », insiste que « la création artistique peut continuer de vivre ». Elle apporte aussi des précisions sur la manière dont les librairies et disquaires pourront continuer à survivre à travers le « click and collect », préparations de commandes à emporter, et informe du retour de la plateforme « Culture chez nous », qui recensera les œuvres numériques accessibles durant ce confinement, en partenariat avec les directions régionales de l’action culturelle. 

Néanmoins, ces perspectives ne peuvent suffire à atténuer les appréhensions d’un secteur culturel qui s’était reconstruit progressivement depuis le déconfinement de l’été dernier. La question de l’après se pose déjà. Ainsi, comme l’exprime Marc-Olivier Sebbag, directeur général de la Fédération nationale des exploitants de cinémas, « le plus dur sera encore de faire revenir les spectateurs en salles à la fin de ce reconfinement ». Après avoir difficilement réattiré du public chez eux, les salles de spectacles et de cinéma ont l’impression qu’elles devront reprendre à zéro ce long processus. Dernière inquiétude, et pas des moindres, celle des droits d’auteurs touchés par les artistes-créateurs, desquels vivent plus d’un. En effet, mercredi la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac) a publié un rapport révélant que « les droits collectés à l’échelle mondiale pour les créateurs de tous les répertoires – musique, audiovisuel, arts visuels, spectacle vivant et littérature – pourrait diminuer jusqu’à 35 % cette année soit 3,5 milliards d’euros de perte de revenus ». Pour être sûr d’un jour retrouver la vie culturelle des jours d’avant, la question de la Culture dans le « monde d’après » devra cette fois être confrontée sérieusement, en réfléchissant comment redonner leur force aux structures endommagées, et plus simplement à coups de subventions et de beaux discours. 

Visuel : ©Philip Olson. 

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Eliaz Ait Seddik

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