Politique culturelle
Paul Rondin : « La 74 e édition du Festival d’Avignon est morte, nous avons le devoir de nous projeter après »

Paul Rondin : « La 74 e édition du Festival d’Avignon est morte, nous avons le devoir de nous projeter après »

27 avril 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis l’annonce de l’annulation, le Conseil d’administration du Festival d’Avignon s’est réuni par visioconférence le 20 avril 2020. Une idée a germé à cette occasion, celle d’une semaine d’art, fidèle aux origines, pour dire que le territoire doit rester en vie. 

Joint par téléphone, Paul Rondin, directeur délégué du Festival affirme que « nous méritons tous mieux que le défaitisme ». Et cela est suivi d’effet. Deux grands axes sont tracés.

  • Dans l’urgence : éviter la précarité aux équipes comme aux personnes qui auraient dû travailler pour la 74e édition : salariés permanents, mais aussi intermittents et saisonniers qualifiés réguliers, qui sont des professionnels du spectacle vivant à part entière, indépendamment de leur flexibilité d’emploi ou de leurs nombreux employeurs.
  • Dans un second temps (qui se pense dès maintenant) : garantir la pérennité de l’outil, la continuité de l’activité et imaginer la relance. De l’association de gestion du Festival jusqu’au secteur du spectacle vivant dans son ensemble en passant par l’impact territorial, la réponse ne peut être que collective.

Il s’agit avant tout de faire survivre les compagnies et « elles sont toutes sauvées ». Trois possibilités : Soit elles sont programmées à l’automne dans le cadre de leur tournée, soit lors de la 75e édition en 2021, soit elles sont indemnisées. Il ajoute « La 74 e édition est morte on le sait, et on a le devoir de se projeter après, on a bien le projet de faire une semaine d’art ». 

Concernant l’automne, rien n’est pour le moment figé. L’idée de la semaine d’art remonte aux origines: c’est comme cela que tout a commencé en 1947, par « une modeste semaine en septembre ».  Paul Rondin ajuste « ce ne sera pas septembre ».  Si cela a lieu, ce sera pendant les vacances de Toussaint, car elles sont nationales, et plutôt la deuxième semaine.  Ce temps partagé pourrait permettre au public de venir plus largement. C’est le pari qui est fait. Faire vivre le territoire en le rendant attractif. 

Deux temps sont pensés ensemble : l’annulation et la relance. Et cette relance pourrait commencer comme cela, par « 4 ou 5 spectacles » de la 74e qui seraient joués dans les lieux « classiques » du festival : la collection Lambert, la FabricA, les Pénitents Blancs, Benoit XII, car ce sont « des lieux déjà équipés ». A ces spectacles s’ajouteront « quelques invités pour venir parler sur le modèle des ateliers de la  pensée »

Pour le moment le Festival « est en discussion avec chaque équipe pour savoir leurs capacités et leurs envies « . « Nous leur demandons si elles seraient prêtes à l’automne, ou en juillet 2021; si elles ne  le sont pas, elles sont indemnisées.  Il ajoute « nous avons sanctuarisé un budget pour 2021, pour qu’elles ne perdent pas leurs moyens »

La puissance symbolique d’Avignon fait que les agendas de chacun sont bouclés, et heureusement. Dans le lot de « certaines tournées internationales, des spectacles peuvent s’insérer ».  Il ajoute : « on  ne s’interdit rien ». Entendez que les spectacles internationaux ne sont pas rayés d’office.

Alors bien sûr, le festival 2020 n’aura pas lieu, mais « Avignon ne meurt pas ». Le manque est là, vif, mais le soutien aux artistes et aux professionnels est total : « Ce sont 432 emplois qualifiés qui seront maintenus ou indemnisés jusqu’au 31 juillet 2020 »  rappelle le communiqué de presse rendant compte de la réunion du 20 avril.

Et dès que possible, demain reviendra. Et pour cela les compagnies pourront répéter. Le Festival s’engage à « mettre à la disposition d’équipes artistiques La FabricA pour des résidences à partir de septembre, permettant de terminer les spectacles ».

Visuel :©ABN

 

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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